Accidents de route, bagarres isolées ou en bandes, traversées périlleuses de la Méditerranée, enrôlement par des groupes terroristes ou rebelles, trafic et consommation de drogue : dans les grandes villes, le jeune peut être victime ou acteur de la violence. Et quand il s’éloigne de la famille, même les prières ne suffisent plus. Pour les mères, ces inquiétudes deviennent des hantises.
La drogue qui arrive en Afrique depuis l’Asie et l’Amérique latine n’est pas qu’un échec policier ou douanier. C’est le reflet de nos propres blessures.
1. Fin de l’illusion du "transit"
L’Afrique n’est plus seulement un couloir. Là où le développement a failli, la drogue pousse comme une mauvaise herbe. Elle révèle une soif : celle d’une jeunesse sans horizon qui cherche l’illusion de fuir.
2. La corruption, moteur du fléau
Aucun État seul ne l’arrêtera. La corruption est devenue le système. Quand un fonctionnaire vend son serment pour un pot-de-vin, il dit que sa dignité vaut le prix d’une poudre. Quel sens ont alors les discours religieux ?
3. Plus sournoise que le terrorisme
Le terrorisme détruit des bâtiments. La drogue dissout les esprits. Elle n’arme pas, elle endort. C’est une guerre sans soldats, qui fauche la semence de demain.
4. L’impuissance des États
La drogue circule comme l’argent, à travers des frontières poreuses. Couper une tête fait en repousser deux. L’Afrique n’est pas le malade, elle est le symptôme d’un monde qui a perdu son centre.
Au fond, cocaïne, héroïne, drogues de synthèse ne sont que l’écume. L’océan, c’est le désir humain inassouvi.
La solution ne viendra donc pas seulement des lois et des armées. Elle viendra d’une révolution intérieure : renouer avec la terre, avec la parole des anciens, avec la communauté. Sinon, demain nos champs de mil, maïs et sorgho risquent de laisser place à des cultures de pavot ou de cannabis.
La résistance passe par l’éveil des consciences. Quelle alternative offrir à une jeunesse éduquée, connectée, et en quête d’une vie digne ?
Le pire ennemi n’est pas le cartel, mais l’oubli de ce que nous sommes.
Et puisqu’elles sont encore peu touchées, éduquons mieux nos filles : l’éducation reste la meilleure arme pour changer les mentalités.
Zako
Centre Tchadien d’Études Stratégiques et de Prospective
_Think Global, Act Smarter_


