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Ensemble contre les conflits et pour la paix

Pensée du Jour

Dans la variété des menaces nationales et internationales à la sécurité, le terrorisme occupe un rang élevé dans la plupart des pays africains.

Jeudi 30 Juillet 2026

La véritable réponse au terrorisme au Sahel/ bassin du Lac Tchad ne peut pas être seulement militaire. Le militaire peut être une partie mais pas toute la solution.


 
Le terrorisme à motivation idéologique qui cherche à cibler dèliberement des civiles est une forme unique de violence. 
Dans son livre Les 33 lois de la guerre, Robert Greene explique, que le terrorisme est d’abord une guerre psychologique. Une guerre contre les esprits avant d’être une guerre contre les corps. Il écrit :
 « Le but du terrorisme n’est pas la victoire militaire, mais le chaos. »
 
Le JNIM, l’EIGS , El shabab ,ISWAP, ou d’autres groupes armés savent qu’ils ne peuvent pas conquérir frontalement des États entiers
 Ils n’ont ni aviation, ni industries, ni finances comparables à celles des États. Pourtant, dans certaines zones non gouvernèes ou mal gouvernèes , ils progressent psychologiquement plus vite que les armées régulières, parce qu’ils appliquent instinctivement ce que Greene appelle la « Chain-Reaction Strategy » : provoquer une réaction émotionnelle disproportionnée.
 
 La peur paralyse davantage que les attaques elles-mêmes.
 
Quand dix motos attaquent un poste isolé dans une région reculée, l’effet militaire est parfois limité. Mais l’effet psychologique est immense et devastateur :
 
1. les populations perdent confiance ;
2. les marchés ferment ;
3. les routes se vident ;
4. les écoles ferment ;
5. les rumeurs remplacent l’information ;
6. l’État paraît absent, même là où il est encore présent.
 
Le terrorisme prospère là où l’État cesse d’être perçu comme protecteur, protection contre la peur et les besions
 
Au Sahel et dans le bassin du Lac Tchad, les attaques contre les positions des FDS, des écoles, des convois, des chefs traditionnels ou des axes routiers obéissent à cette même logique symbolique
On ne détruit pas seulement une cible ; on détruit l’idée de sécurité, l’idée de continuité de l’État, l’idée que demain sera normal ,et peut etre même meilleur. 
On parle de « bandits », de « terroristes », mais rarement de stratégie cognitive. 
La première victoire du terrorisme est psychologique : faire croire à l’adversaire qu’il est encerclé, infiltré, abandonné et condamné. Le soldat souvent stressè tombe dans le piège de l'engrenage de la violence. 
Dans plusieurs zones, les groupes armés utilisent d’ailleurs des méthodes très anciennes : circulation rapide, disparition dans la population, exploitation des frustrations locales, renseignement communautaire, propagande religieuse, taxation informelle, justice parallèle, intimidation sélective.
Tout cela ressemble davantage à une stratégie d’usure psychologique qu’à une guerre classique.
 
Un État paniqué devient vulnerable . Un État humilié devient brutal. Un État brutal perd l’intelligence du terrain. Et un État qui perd l’intelligence du terrain finit par combattre des ombres. 
La peur enfante et mène à la haine, elle devient la rivale de la paix.
 
Le terrorisme exploite :
— la faiblesse des institutions ;
_ les injustices sociales et rèpublicaines 
— l’abandon rural ;
— le chômage ;
— la corruption ;
— les fractures ethniques ;
— la perte de confiance envers les élites ;
— et parfois même le vide intellectuel des États.
Le terrorisme gagne lorsqu’il pousse l’adversaire à se détruire lui-même, politiquement et moralement ( surèaction et abus des droits de l’homme)
 
Et c’est pourquoi la véritable réponse au terrorisme au Sahel/ bassin du Lac Tchad ne peut pas être seulement militaire. Le militaire peut etre une partie mais pas toute la solution. 
Il faut sortir de l'illusion de traiter la violence par la violence. La réponse doit être territoriale, psychologique, économique, éducative, informationnelle et surtout politique .
La carence de gouvernance est un amplificateur de la violence ,qu'elle soit terroriste ou communautaire. 
Parce qu’un territoire où les citoyens croient encore en l’avenir est beaucoup plus difficile à terroriser qu’un territoire déjà abandonné intérieurement où les gouvernants ont perdu toute confiance et legitimitè aux yeux de la population .
Comme en toute chose, c'est le leadership ( local, regional, international) qui fait la qualitè. C'est à ce niveau que demeure l'ultime solution à l'èpineuse question du terrorisme. 
 
Zako
Chadian centre for strategic studies and prospective research Think Global and Act Smarter