Connectez-vous S'inscrire
Menu
Sous la loupe

Diaspora tchadienne : une élection transparente qui fait école

Lundi 5 Octobre 2026

Par Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Expert en gestion de conflits
Président du CEDPE
Sahel7, www.centrerecherche.com


L’élection, hier, du Bureau central de la Diaspora tchadienne constitue un événement qui mérite d’être retenu, non seulement pour la Diaspora elle-même, mais aussi pour sa portée démocratique. Le processus électoral mis en place et conduit dans la transparence offre une expérience dont il faut tirer des enseignements.
Ce qui s’est passé mérite d’être observé avec attention. Un calendrier précis avait été arrêté, des règles avaient été préalablement définies et les différentes étapes du processus ont été respectées jusqu’à la proclamation des résultats. Le déroulement de l’élection, en direct et sous le regard des membres de la Diaspora, a permis à chacun de suivre les opérations et de constater leur régularité.
La réussite de cette expérience tient également à la maîtrise de l’organisation. Le bureau provisoire, chargé de conduire le processus, a fait preuve de sagesse, de retenue et de sens des responsabilités. La préparation technique, le respect du chronogramme et la conduite sereine des différentes séquences ont contribué à instaurer un climat de confiance.
Mais au-delà de la transparence du scrutin, c’est surtout l’attitude des candidats et des participants après le vote qui mérite d’être soulignée. Dans une véritable culture démocratique, l’élection ne doit pas transformer les concurrents en adversaires permanents. Le respect du choix exprimé par les électeurs constitue au contraire le fondement de la continuité de l’action collective.
A cet égard, le geste de la Dr Aicha Mahamat Seid, pionnière de cette initiative, est particulièrement significatif. Après l’annonce des résultats, elle a félicité le Dr Mahamat Saleh, élu à la tête du Bureau central, et a exprimé sa volonté de contribuer à la réussite de la nouvelle équipe. Accepter le verdict des urnes et se mettre au service de l’intérêt collectif est précisément l’une des expressions essentielles de la démocratie.
Cette attitude mérite d’être encouragée. Elle rappelle qu’une élection ne produit ni vainqueurs définitifs ni vaincus définitifs : elle confie, pour une période déterminée, une responsabilité à une équipe, tandis que tous les autres demeurent des acteurs à part entière de la vie collective.
Sous la direction du Dr Ali Mahamat Saleh, le Bureau central bénéficie désormais d’un mandat de deux ans, tandis que le Conseil des Sages, présidé par M. Lemaye Favistou Boulandi, dispose de trois ans. Ensemble, ces deux instances ont pour mission de relever un défi majeur : unir les Tchadiens de l’étranger, renforcer une organisation démocratique, encourager la solidarité et offrir un espace où les talents de la Diaspora peuvent être mis au service du pays.
 
L’expérience est d’autant plus intéressante qu’elle intervient dans un contexte où les divisions politiques, régionales, communautaires ou religieuses peuvent facilement fragiliser les initiatives collectives. La Diaspora tchadienne a ainsi l’occasion de démontrer qu’une organisation peut être construite autour de principes simples : la démocratie, la transparence, le respect des différences, l’inclusion et l’intérêt général.
Il serait donc souhaitable que cette expérience soit davantage connue et documentée. La presse tchadienne a une occasion de mettre en lumière cette démarche et d’en faire un sujet de réflexion sur la pratique démocratique. Il ne s’agit pas de présenter cette élection comme un modèle parfait, mais de reconnaître qu’elle offre une expérience concrète dont les enseignements peuvent être utiles.
La Diaspora tchadienne est aujourd’hui appelée à transformer cette réussite électorale en réussite collective. Tous les Tchadiens de l’étranger, quelles que soient leurs professions, leurs régions d’origine ou leurs sensibilités, devraient pouvoir trouver leur place dans cette nouvelle structure.
L’enjeu dépasse donc l’élection d’un bureau. Il s’agit de démontrer qu’il est possible de s’organiser, de débattre, de choisir, d’accepter le résultat et de continuer à travailler ensemble.
Si cette dynamique se poursuit dans le même esprit, l’expérience de la Diaspora tchadienne pourra constituer une véritable école de pratique démocratique, fondée non sur les divisions, mais sur la capacité à se rassembler autour d’objectifs communs.
Pour conclure, c'est avec une grande fierté que j'ai apporté ma contribution en tant que facilitateur à la réussite de ce processus démocratique. Je souhaite un plein succès et un avenir radieux à la diaspora tchadienne. ​
Unis par nos racines, engagés pour l’avenir du Tchad.