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Sous la loupe

Face aux revers militaires, le chef des FSR appelle à un changement de stratégie

Mardi 28 Juillet 2026

Une certitude demeure, tant que les deux camps privilégieront la logique militaire, les populations civiles continueront d'en payer le prix le plus lourd.


Les récentes déclarations du chef des Forces de soutien rapide (FSR), diffusées dans une vidéo adressée à ses combattants, témoignent d'un moment délicat pour ce mouvement engagé depuis plus de trois ans dans une guerre contre les Forces armées soudanaises (FAS).
Dans cette intervention, le dirigeant des FSR appelle ses hommes à resserrer les rangs, à préserver leur cohésion et à adapter leur stratégie militaire afin de faire face à l'évolution du rapport de force sur le terrain. Un tel message est rarement anodin. Dans un contexte de guerre, les appels à l'unité et au changement de stratégie interviennent souvent lorsque le commandement estime que la situation exige une réorganisation ou que les méthodes employées jusqu'alors ne produisent plus les résultats escomptés.
Cette déclaration intervient alors que les FAS affirment avoir repris le contrôle de cinq localités, poursuivant ainsi leur progression dans plusieurs secteurs du Kordofan et du Darfour. Si ces gains territoriaux sont confirmés, ils traduisent une dynamique favorable à l'armée soudanaise, qui cherche à consolider ses positions et à accentuer la pression sur les FSR. MS. Abdelsalam, analyste, chercheur associé au CEDPE.
 Cependant, perdre des localités ne signifie pas nécessairement perdre la guerre. Dans les conflits contemporains, la maîtrise du terrain évolue souvent rapidement, et les mouvements armés peuvent modifier leurs modes d'action pour compenser des pertes territoriales.
 
L'appel du chef des FSR pourrait ainsi annoncer une nouvelle phase du conflit. Plutôt que de défendre coûte que coûte certaines positions, le mouvement pourrait privilégier des tactiques plus mobiles : redéploiement des forces, attaques ciblées, guerre d'usure ou concentration des moyens sur des zones jugées stratégiques. Ce type d'évolution est fréquent lorsque l'adversaire dispose d'un avantage croissant en matière d'aviation, de renseignement ou de logistique.
Au-delà de l'aspect militaire, cette vidéo poursuit également un objectif psychologique. Elle vise à maintenir le moral des combattants, à rassurer les soutiens du mouvement et à éviter que les revers récents n'entraînent de nouvelles défections. Sarah Salamne, analyste, chercheure associée.
Ces dernières semaines, plusieurs informations ont fait état de ralliements de combattants des FSR aux FAS. Même si le nombre exact de ces défections fait l'objet de versions contradictoires, leur impact symbolique est important, car elles peuvent affecter la confiance au sein des unités.
Pour les FAS, ces revers des FSR sont présentés comme la preuve que le mouvement s'affaiblit progressivement. Les FSR, de leur côté, soutiennent que leurs difficultés résultent notamment d'opérations d'infiltration et de renseignement menées par leurs adversaires, tout en affirmant conserver leur capacité de combat. MS. Abdelsalam, analyste, chercheur associé au CEDPE.
La guerre au Soudan entre ainsi dans une phase où la capacité d'adaptation pourrait devenir aussi déterminante que la puissance militaire elle-même. Chaque camp cherche désormais non seulement à conquérir des positions, mais aussi à préserver la cohésion de ses forces, à contrôler le récit de la guerre et à influencer le moral de ses combattants.
L'évolution des prochaines semaines permettra de mesurer si l'appel du chef des FSR marque le début d'une véritable réorganisation stratégique ou constitue avant tout un message destiné à remobiliser ses troupes après une série de revers. Une certitude demeure, tant que les deux camps privilégieront la logique militaire, les populations civiles continueront d'en payer le prix le plus lourd.


Mme Agnès Jean
Sahel 7
www.centrercherche.com