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Le Caire, le 31 octobre 2026 — La Fondation Mo Ibrahim publie aujourd’hui l’Indice Ibrahim de la Gouvernance en Afrique (IIAG) 2026. L’IIAG fournit l’évaluation la plus complète des performances et des trajectoires en matière de gouvernance publique dans chacun des 54 pays du continent africain. La Gouvernance Globale combine les performances réalisées dans quatre grandes catégories (Sécurité et État de Droit ; Participation, Droits et Inclusion ; Fondements des Opportunités Économiques ; Développement Humain), lesquelles recouvrent 16 sous-catégories regroupant 96 indicateurs construits à partir des données produites par 51 sources internationales.
Couvrant la décennie 2016-2025, l’Indice révèle que la Gouvernance globale en Afrique s’est améliorée malgré les chocs mondiaux successifs, même si ces progrès restent inégaux et fragiles.
À l’échelle continentale, le progrès enregistré au niveau de la gouvernance globale est uniquement porté par les avancées importantes réalisées en matière de développement économique et humain (Fondements des Opportunités Économiques et Développement Humain), avec des avancées notables en matière d’Infrastructures, de Santé et d’Éducation. Les progrès réalisés dans la catégorie Fondements des Opportunités Économiques sont particulièrement significatifs : entre 2016 et 2025, 44 pays, représentant 68 % de la population du continent, ont enregistré une amélioration. Ces résultats témoignent de la résilience du continent face aux multiples défis rencontrés au cours de la décennie, qu’il s’agisse de la pandémie de COVID-19, des répercussions de la guerre en Ukraine sur l’accès à l’énergie et la sécurité alimentaire, ou de la baisse historique de l’aide au développement.
Le progrès le plus significatif concerne les Infrastructures, qui enregistre la plus forte amélioration des 16 sous-catégories qui composent l’IIAG. Cette dynamique est à la fois générale, avec une amélioration constatée dans 52 pays (sauf le Nigéria et la Gambie) représentant 84 % de la population du continent, et de plus en plus rapide au cours de la décennie. Elle est notamment tirée par les progrès réalisés en matière d’accès à l’énergie, d’accès à Internet et de connectivité mobile. Éducation (dans 34 pays représentant 75 % de la population du continent) et Santé (dans 40 pays en représentant 87 % de la population du continent) suivent de près, avec des améliorations enregistrées dans les deux domaines.
Toutefois, la poursuite des progrès reste entravée par la détérioration qui se poursuit en matière de sécurité, état de droit et participation citoyenne. Les catégories Sécurité & État de Droit et Participation, Droits et Inclusion enregistrent toutes deux un recul au cours de la décennie, respectivement dans 34 et 31 pays, représentant 78 % et 60 % de la population africaine. On relèvera toutefois un ralentissement de la dégradation en matière de sécurité à compter de 2022, avec une amélioration de la situation dans 27 pays.
L’IIAG 2026 montre également que 25 pays, représentant près de 47 % de la population du continent, sont parvenus à réaliser des progrès économiques malgré la détérioration de la sécurité et de l’état de droit. Il reste que les progrès réalisés en matière de Fondements des Opportunités Économiques sont en moyenne plus importants lorsque la Sécurité & État de droit s’améliore également, comme l’indiquent les résultats de 20 pays représentant 22 % de la population du continent.
À la fin de la décennie sous revue (2025), les Seychelles occupent la première place du classement, tandis que le Maroc fait son entrée dans les dix premiers pays, remplaçant la Tunisie. Bien qu’elle figure toujours parmi les dix premiers du classement général (5e rang), l’Afrique du Sud suit une trajectoire préoccupante, marquée par une accélération de la dégradation de sa gouvernance. De fait, dans quatre des pays les plus peuplés du continent — Nigéria, RDC, Afrique du Sud et Soudan — la Gouvernance Globale s’est détériorée au cours de la décennie. À l’autre extrémité du classement, l’Angola et le Congo quittent les dix dernières places, remplacés par la Libye et la Guinée-Bissau. Le Soudan, la RCA et la Guinée-Bissau affichent quant à eux une trajectoire de détérioration accélérée (voir la liste complète des 54 pays ci-dessous).
Commentant ces résultats, Mo Ibrahim, président et fondateur de la Fondation Mo Ibrahim, a déclaré :
« Les résultats de l’IIAG 2026 mettent en évidence la résilience de l’Afrique dans un contexte mondial pour le moins chahuté. Ils montrent également que de nombreux pays parviennent à progresser sur les plans économique et humain malgré une dégradation de la sécurité et de l’état de droit. Il reste qu’un tel compromis n’est pas viable à long terme. Sans progrès en matière de sécurité, d’état de droit et de participation, les avancées économiques et sociales ne sauront perdurer, et resteront en tout état de cause plus faibles. »

FIN
À propos de l’IIAG
L’IIAG 2026 repose sur 319 variables issues de 59 jeux de données publiés par 51 sources africaines et internationales. Il évalue les performances dans 16 sous-catégories regroupées en quatre catégories : Sécurité et état de droit ; Participation, droits et inclusion ; Fondements des opportunités économiques ; Développement humain.
L’ensemble des données de l’IIAG 2026, notamment les scores, classements et tendances par pays, est librement accessible sur le portail de données en ligne de l’IIAG, à l’adresse iiag.online. Ce portail permet aux décideurs politiques, citoyens, chercheurs et journalistes, d’explorer et de comparer les performances en matière de gouvernance dans chacun des 54 pays africains, et d’identifier les domaines dans lesquels des progrès ont été réalisés ainsi que ceux nécessitant une attention particulière.
Citer l’IIAG
Les utilisateurs de l’IIAG sont invités à attribuer toute utilisation de ses données à la Fondation Mo Ibrahim, en précisant l’édition de l’IIAG utilisée. Pour toute référence, y compris dans les graphiques et visualisations, veuillez utiliser le format suivant : Fondation Mo Ibrahim. [Année]. Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG). iiag.online
Si vous citez un indicateur spécifique, le score d’un pays ou un résultat particulier, veuillez également préciser l’année de l’édition de l’IIAG utilisée (par exemple, « IIAG 2026 »).
Veuillez noter qu’en raison des mises à jour régulières des données de l’IIAG au fil des années, il n’est pas possible de tirer des conclusions en comparant les jeux de données de différentes éditions de l’IIAG.
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À propos de la Fondation Mo Ibrahim
Créée en 2006, la Fondation Mo Ibrahim a pour mission de faire entendre davantage la voix de l’Afrique sur les enjeux mondiaux, et met l’accent sur l’importance de la gouvernance et du leadership publics. La Fondation fournit des données et des analyses sur les défis auxquels le continent est confronté, rassemble les principaux acteurs concernés pour en discuter, et soutient des initiatives visant à renforcer le leadership et la gouvernance.
À ce titre, la Fondation concentre son action sur la définition, l’évaluation et l’amélioration de la gouvernance et du leadership en Afrique, considérés comme des moteurs essentiels du progrès du continent. À travers son Now Generation Network, elle accorde une importance particulière à la jeunesse africaine, compte tenu de son rôle central dans la construction de l’avenir du continent. Cette ambition se concrétise à travers cinq initiatives :
· L’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG)
· L’Ibrahim Governance Weekend
· Les bourses et programmes de Fellowship Ibrahim


