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Ensemble contre les conflits et pour la paix

Iran: La résilience du capital intellectuel face aux stratégies de destruction - limites et implications

Samedi 28 Mars 2026

Un système éducatif de grande ampleur comme celui de l'Iran, comptant environ 250 universités et instituts supérieurs, produisant 1,5 million de diplômés par an, dont plusieurs centaines dans des domaines de pointe comme le nucléaire – repose avant tout sur un capital immatériel qui est le savoir.


Dans ce contexte, détruire seulement trois ou quatre infrastructures universitaires ne représente pas une atteinte décisive à la capacité globale de produire des connaissances. Si le but militaire est de cibler les établissements éducatifs pour affaiblir durablement un État en supprimant ses centres de formation, cette stratégie paraît de plus en plus discutable dans des systèmes éducatifs massifs, dispersés et interconnectés. Pourquoi ? Parce que le savoir est décentralisé et repose sur plusieurs points clés : la production de connaissances est répartie sur tout le territoire, les compétences appartiennent aux individus et non aux seules infrastructures, et les réseaux académiques nationaux comme internationaux assurent une continuité fonctionnelle. Ainsi, l’impact de destructions physiques se limite à la perte de quelques institutions, ce qui ralentit, mais n’interrompt pas la formation : étudiants et enseignants peuvent être redéployés ailleurs, et les outils numériques permettent de poursuivre en partie l’enseignement. Avec 1,5 million de diplômés par an, on dispose d’une masse critique de compétences qui renouvelle le capital humain, et la formation annuelle de spécialistes (par exemple environ 200 en nucléaire) assure la préservation des savoir-faire stratégiques, tandis que la diaspora académique constitue une réserve mobilisable. 

Au final, ces attaques peuvent avoir l’effet inverse en renforçant la cohésion nationale, en stimulant la résilience et la reconstruction rapide, et même en consolidant la légitimité des programmes stratégiques. En bref, détruire des infrastructures éducatives ne provoque pas l’effondrement immédiat des capacités scientifiques et ne permet pas d’éliminer un savoir déjà diffus.

Par Dr. Ahmat Yacoub Dabio 
Expert en gestion de crises complexes et interdépendantes
Président du Centre d'Etudes pour le Développement et la Prévention de l'Extrémisme (CEDPE)
Président de Liberté Sans Frontière (LSF) -
Point Focal du Réseau des organisations de la société civile du Bassin du Lac Tchad/ Tchad
Membre de l'Association Internationale des sociologues de langue française (AISLF)

Ancien Conseiller chargé de Mission du Médiateur de la République
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Auteur de l'ouvrage: La gestion de conflits à travers la médiation 460 pages