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L’attaque américaine à GALGAS a fait deux morts et sept survivants

Dimanche 1 Mars 2026

L’objectif principal des américains est de neutraliser le « Massik Anour », une école centenaire, accusée d’entretenir depuis le siècle dernier une mémoire suspecte liée au soulèvement des oulémas du Ouaddaï en 1917.


USA - Iran et la Coalition des Basse-Cours Libres.

A 109 kilomètres de la ville d’Abéché, le village de Galgas n’était qu’un point invisible sur la carte.
Jusqu’au jour où un missile Tomahawk, parti d’une base militaire américaine installée au Soudan avec la bénédiction diplomatique locale, décida de lui offrir une existence géopolitique.
L’objectif principal des américains est de neutraliser le « Massik Anour », une école centenaire, accusée d’entretenir depuis le siècle dernier une mémoire suspecte liée au soulèvement des oulémas du Ouaddaï en 1917 — cet épisode que certains appellent encore le « massacre de coupe-coupe ». L’attaque américaine a fait deux morts dont un cheval et une poule ayant laissé sept poussins survivants.
L’histoire retiendra peut-être que la première victime visible de la guerre irano-américaine fut une basse-cour tchadienne.

I. L’erreur balistique et la naissance d’un mythe. Le communiqué américain évoqua une « anomalie de trajectoire ». Le Soudan, hôte discret de la base d’où était partie la frappe, déclara : « Notre territoire n’est qu’un partenaire logistique. Les missiles voyagent sous leur propre responsabilité. »
 
À Galgas, la poule était morte en protégeant ses petits. Les sept poussins, filmés errant autour du cratère, devinrent un phénomène mondial. L’Organisation des Nations unies exprima sa « profonde inquiétude pour les dommages collatéraux aviaires ». Une ONG scandinave proposa un fonds d’urgence pour « résilience post-traumatique des espèces rurales non alignées ». Mais le plus inquiétant pour les grandes puissances n’était pas la mort de la poule. C’était la solidarité.

II. La contagion. A Guéri, village voisin, on décida d’envoyer du mil et une lampe à pétrole pour réchauffer les orphelins. A Amzoer, on organisa une collecte de graines. A Abdi, les femmes qui tinrent une réunion extraordinaire pensent que « si une poule peut être une menace stratégique, alors aucune de nous n’est en sécurité. » Très vite, les villages avoisinants formèrent ce qu’un journaliste local appela ironiquement « La Coalition des Basse-Cours Libres ».
Chaque village adopta symboliquement un poussin. On les renomma : Justice, Mémoire, Dignité, Patience, Sable, Silence et Résilience.
Le Pentagone publia un nouveau rapport : « Risque de radicalisation inter-villageoise par solidarité émotionnelle. »
III. L’escalade diplomatique. Le Tchad, sommé de fermer Massik Anour et de livrer ses enseignants à une enquête internationale, promit une riposte symbolique contre le territoire soudanais abritant la base d’où était partie l’attaque. Mais, le Soudan protesta en ces termes : « Nous n’abritons que des partenariats techniques ». Alors que Israël apporte un soutien sans faille à son allié américain, l’Union européenne a dans un communiqué, dit comprendre la position des Etats unis d’Amérique et demande à Galgas d’accepter les conditions américaines.
La France, invoquant la nécessité d’« éviter la résurgence de narratifs historiques inflammables », soutint la ligne américaine. Autrement dit l’histoire de 1917 dérange encore. Pendant ce temps, à Galgas, les enfants dessinaient des poussins sur les murs.

 IV. L’encerclement… et l’embarras. Des drones survolaient désormais la zone. Les analystes parlaient d’« encerclement préventif ». Mais plus les drones tournaient, plus les villages voisins affluaient. Caravane après caravane. Des vieillards, des femmes, des jeunes. Pas armés. Munis de sacs de mil, de jarres d’eau et de poules bien vivantes. Un village alla jusqu’à organiser une marche pacifique intitulée : “Nous sommes tous des poussins.” Les images firent le tour du monde. Un présentateur occidental demanda sérieusement : « Assistons-nous à la naissance d’une insurrection rurale aviaire ? »
 
V. Le paradoxe stratégique. Les experts en géopolitique commencèrent à parler d’un phénomène nouveau : « La dissuasion par vulnérabilité symbolique. » Plus la puissance militaire s’affichait, plus la fragilité devenait subversive. Massik Anour, l’école centenaire, n’enseignait ni missiles ni balistique. Elle enseignait l’histoire locale. Et soudain, cette histoire semblait plus explosive qu’un arsenal.
 
VI. L’ultime ironie. Les sept poussins grandissaient. Sous la lampe à pétrole offerte par Guéri, nourris par le mil d’Amzoer, protégés par la vigilance d’Abdi. Les villages avoisinants ne possédaient ni satellites ni missiles, mais ils possédaient quelque chose d’incontrôlable « les valeurs africano-orientales » basées sur la solidarité. Ça n’a rien à voir avec les valeurs made In Epstein. Les grandes puissances découvrirent un fait stratégique imprévu : On peut encercler un village, frapper une basse-cour, exiger la fermeture d’une école. Mais il est plus difficile d’encercler une mémoire partagée entre des dizaines de villages.
 
VII. Conclusion provisoire. La guerre officielle oppose l’Iran et l’Amérique.
Le véritable champ de bataille s’est déplacé dans les sables du Ouaddaï. Une base américaine au Soudan tire un missile. Une capitale européenne évoque une histoire à réécrire. Des experts de l’ONU rédigent des rapports. Pendant ce temps, les villages élèvent des poussins. Les sept orphelins ignorent tout de la géopolitique. Ils picorent, grandissent, apprennent à courir. Mais chaque piaillement dépasse la simple basse-cour : c’est l’écho d’un désert qui refuse de n’être qu’une cible. Enfin, on a créé l’extrémisme. Et pourtant, avec le coût d’un missile Tomahawk, estimé entre 500 000 et 935 000 dollars, n’aurait-il pas été préférable de financer le développement du Massik Anour et d’apporter des puits et l’électricité à Galgas ?

Chronique satirique et fiction géopolitique
Ce texte est une fiction satirique. Toute ressemblance avec des faits ou des acteurs relève de la satire politique et n'a aucune vocation factuelle.