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Ensemble contre les conflits et pour la paix

L'offensive du 25 avril au Mali, une coalition d'ennemis que la junte a elle-même forgée

Dimanche 3 Mai 2026

Six à huit localités frappées simultanément sur un arc de 1 200 kilomètres, un ministre de la Défense assassiné, Kidal perdue une deuxième fois. L'opération militaire du 25 avril 2026 excède par sa sophistication les capacités documentées de ses exécutants désignés. Qui a conçu, financé, armé et renseigné cette offensive ? Éléments d'analyse — faits établis et hypothèses clairement distingués.


Avant même de chercher qui se cache derrière l'offensive du 25 avril, il faut poser un constat dérangeant : la junte malienne a, en grande partie, fabriqué elle-même la coalition qui cherche aujourd'hui à la renverser. En s'aliénant systématiquement ses partenaires historiques, en répudiant l'accord de paix d'Alger, en expulsant les forces françaises et la MINUSMA, en emprisonnant ou en marginalisant les partis politiques et la société civile, le régime d'Assimi Goïta s'est constitué, au fil des ans, un catalogue d'ennemis résolus. Ce 25 avril, ils ont décidé d'agir ensemble.

Les exécutants : une coalition contre-nature devenue réalité
Les exécutants de l'offensive sont formellement identifiés : le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda) et le Front de libération de l'Azawad (FLA), mouvement indépendantiste touareg. Leur revendication conjointe est publique et sans ambiguïté. Ce qui surprend les analystes, c'est la solidité opérationnelle de cette alliance entre deux organisations que tout semblait opposer idéologiquement, un mouvement jihadiste transnational et un mouvement ethno-nationaliste.
 
Le chercheur Emmanuel Odilon Koukoubou rappelle qu'une telle convergence avait déjà eu lieu en 2012-2013, lorsque le MNLA s'était allié à AQMI et Ansar Dine, avant de se faire évincer par ses propres partenaires islamistes. Cette fois, l'ennemi commun est le gouvernement de transition militaire. Il est suffisamment menaçant pour que les deux parties maintiennent la discipline opérationnelle. Le JNIM apporte puissance de feu et logistique transnationale ; le FLA, connaissance fine du terrain et légitimité locale dans le Nord.

Ce qui interroge davantage les experts en sécurité, c'est l'architecture même de l'offensive. Selon l'Institut Géopolitique Horizons (analyse IGH-IS-2026-04-MALI-02), le niveau de planification, la précision du ciblage, dont la résidence personnelle du ministre de la Défense, détruite par un attentat-suicide exécuté sans alerte préalable de la Direction de la Sécurité et la qualité du renseignement mobilisé excèdent structurellement les capacités historiques documentées du JNIM et du FLA pris séparément. La question du commanditaire se pose donc avec acuité.

 
La question du commanditaire et les convergences d'intérêts
Qui avait à la fois les motifs, les moyens et les opportunités de soutenir ou d'impulser une telle opération ? Plusieurs acteurs ont été cités dans les analyses post-25 avril. Il convient d'examiner chacun avec la rigueur qu'impose la gravité des accusations ( lire la suite en cliquant sur le lien suivant https://urls.fr/Gn892k

Dr. Ahmat Yacoub Dabio