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La baisse du taux de pauvreté au Tchad à 40,7 % est une bonne nouvelle, mais...

Samedi 25 Juillet 2026

Cette fois-ci, le ministre des Finances, qui avait publiquement affirmé ne pas reconnaître les statistiques, va sans doute se réjouir de cette annonce, déjà reprise et manipulée par certains médias proches de la junte. Ramy Haroun, chercheur.


Image CEDPE
Image CEDPE
La baisse du taux de pauvreté au Tchad à 40,7 % est une bonne nouvelle, mais elle ne doit pas masquer les difficultés persistantes auxquelles la majorité des tchadiens reste confrontée. Selon les estimations de la Banque mondiale, cette amélioration s'explique notamment par une meilleure production agricole et une croissance du secteur non pétrolier. 
De nombreux jeunes, y compris des milliers de diplômés sans emploi qui ne croient plus aux promesses de l’État, se sont orientés vers le secteur privé, que ce soit dans l’agriculture, le commerce ou encore de petits boulots comme celui de « clandoman », pour faire face aux difficultés du quotidien. Par ailleurs, il ne faut pas négliger non plus l’aide apportée par la diaspora à ses proches. MS. Abdelsalam, chercheur associé au CEDPE.
Toutefois, un taux de pauvreté de 40,7 % signifie que plus de 4/10 de tchadiens survivent encore sous le seuil international de pauvreté. De plus, la pauvreté monétaire ne reflète pas à elle seule les réalités du terrain : accès limité à l'eau potable, aux soins de santé, à une éducation de qualité, à l'électricité, à l'emploi formel et aux infrastructures.
Il faut aussi rappeler que les chiffres de la Banque mondiale sont des estimations macroéconomiques basées sur des modèles statistiques, et non les résultats d’un recensement national récent. Ils donnent une idée générale, mais ne remplacent pas les enquêtes de terrain. Cette fois-ci, le ministre des Finances, qui avait publiquement affirmé ne pas reconnaître les statistiques, va sans doute se réjouir de cette annonce, déjà reprise et manipulée par certains médias proches de la junte. Ramy Haroun, chercheur.
Enfin, la réduction durable de la pauvreté dépendra moins des performances économiques ponctuelles que de la qualité de la gouvernance, de la diversification de l'économie, de la création d'emplois, de l'amélioration des services publics et de la stabilité du pays. Sans réformes structurelles, une légère baisse du taux de pauvreté ne se traduira pas nécessairement par une amélioration sensible des conditions de vie de la population, selon la Banque mondiale.
 
Cette formulation reconnaît les progrès signalés par la Banque mondiale tout en rappelant leurs limites et le contexte économique et social du Tchad.

Sarah H. Salamane 
Analyste, chercheure associée au CEDPE
www.centrerecherche.com
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Sources exploitées:
[1]: https://www.banquemondiale.org/ext/fr/country/chad?utm_source=chatgpt.com "Tchad | Groupe de la Banque mondiale"
[2]: https://www.banquemondiale.org/fr/country/chad/publication/chad-country-economic-memorandum-boosting-growth-and-reducing-vulnerability?utm_source=chatgpt.com "Mémorandum économique du Tchad : Stimuler la croissance et réduire la vulnérabilité"