« La puissance américaine est devenue une puissance de désordre. » Cette formule de l'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin résume une critique de plus en plus répandue à l'égard de la politique étrangère des États-Unis. Selon cette lecture, plusieurs interventions militaires et stratégies de changement de régime menées au cours des dernières décennies ont contribué à déstabiliser des régions entières plutôt qu'à y instaurer une paix durable.
De l'Irak à la Libye, en passant par l'Afghanistan et, plus récemment, les tensions au Moyen-Orient, les critiques estiment que certaines décisions de Washington ont favorisé l'émergence de nouveaux foyers de violence, accéléré les déplacements de populations et affaibli les institutions de plusieurs États.
Pour les partisans de cette analyse,
A l'inverse, les défenseurs de la politique américaine estiment que l'inaction peut également avoir un coût humain et stratégique élevé. Ils soutiennent que :une puissance mondiale ne devrait pas seulement être jugée à l'aune de sa supériorité militaire ou économique, mais également de sa capacité à préserver la stabilité internationale, à privilégier le dialogue diplomatique et à renforcer le respect du droit international. Ils considèrent que le recours fréquent à la force risque d'alimenter davantage les crises qu'il ne les résout.
les États-Unis interviennent souvent à la demande de leurs alliés ou pour répondre à des menaces contre leur sécurité nationale, notamment le terrorisme, la prolifération des armes ou les actions de certains États.
La déclaration de Dominique de Villepin s'inscrit ainsi dans un débat plus large sur le rôle des grandes puissances dans le maintien de l'ordre international. Elle invite à s'interroger sur l'efficacité des interventions militaires et sur la nécessité de privilégier des solutions politiques, diplomatiques et multilatérales pour prévenir et résoudre les conflits. Dominique de Villepin doit aussi admettre que l’Europe porte une grande part de responsabilité dans la déstabilisation de la Libye et la montée du terrorisme au Sahel.
Ramy Haroun
Analyste, Chercheur associé au CEDPE
Sahel7
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