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Libye : Des mercenaires s'invitent à la table de l'instabilité

Rédigé le Mardi 30 Juillet 2019 à 12:34 | Lu 21 fois | 0 commentaire(s)

A court de troupes et de matériels et confronté à une baisse vertigineuse du moral de ses soldats, le commandant en chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), le maréchal Khalifa Haftar,


Bien que le nombre de ces mercenaires soit élevé, les observateurs estiment que leur implication dans les combats ne réglera pas le problème de fond de Khalifa Haftar, dont les forces sont peu présentes dans les airs, ce qui n’est pas le cas des forces alliées au GNA. A court de troupes et de matériels et confronté à une baisse vertigineuse du moral de ses soldats, le commandant en chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), le maréchal Khalifa Haftar, s’est récemment mis à recruter des mercenaires étrangers pour tenter de conquérir Tripoli. Grâce à leur apport, le général escompte mener de nouvelles attaques contre les milices alliées du gouvernent d’union nationale (GNA) qui défendent âprement la capitale libyenne. La radio soudanaise Dabanga, reprise par la presse italienne, a ainsi annoncé, au début de la semaine, l’arrivée d’un premier groupe de 1000 miliciens soudanais en Libye. En tout, 4000 doivent être enrôlés par Haftar. Ce premier contingent de mercenaires sera positionné dans le croissant pétrolier. Sa mission première sera de protéger les infrastructures pétrolières. Les unités de l’ANL, qui y étaient jusque-là stationnées, explique la même source, seront envoyées au front où l’offensive de l’ANL bat de l’aile. L’affectation de ces mercenaires soudanais à la surveillance des installations pétrolières contrôlées par Khalifa Haftar permettra, dit-on, «d’atténuer les frictions entre les ‘‘étrangers’’ et les hommes de Benghazi, qui n’avaient déjà pas bien accueilli l’arrivée de rebelles soudanais janjaweed et tchadiens dans leurs rangs». Les médias italiens révèlent que «ces mercenaires, auxquels les éléments de l’ANL reprochent de ne pas se donner à fond, sont devenus source de problèmes». «Les éléments de Haftar leur sont hostiles, ils refusent de coopérer avec eux et les considèrent comme des envahisseurs», précise-t-on. Les mercenaires qui épaulent actuellement Khalifa Haftar sont principalement des membres de tribus arabes du Darfour. Certains seraient des paramilitaires issus des Forces de soutien rapide (RSF). Selon des sources libyennes, c’est Mohammed Hamdan Delgo (alias Hemitti), chef adjoint du Conseil militaire soudanais, qui les aurait recrutés en personne et convaincus de rejoindre la Libye en leur proposant des salaires élevés. Le GNA supérieur dans les airs Bien que leur nombre soit élevé, les observateurs estiment, cependant, que leur implication dans les combats ne règle pas le problème de fond de Khalifa Haftar, dont les forces sont peu présentes dans les airs, ce qui n’est pas le cas des forces alliées au GNA. Celles-ci, précise-t-on, ont acquis avec le temps une supériorité aérienne dans l’ouest de la Libye et contrôlent la région de la capitale depuis la localité-clé de Gharyan grâce à des drones envoyés par la Turquie. Ils peuvent par conséquent intercepter et détruire des convois de renfort et de ravitaillement de l’ennemi avant leur arrivée près de la capitale. Selon d’autres sources, Khalifa Haftar a recruté également des mercenaires ukrainiens. Les forces du gouvernement de Tripoli ont, à ce propos, révélé avoir détruit deux avions ukrainiens Iliouchine Il-76 lors d’une frappe. Selon un média ukrainien, les avions auraient transporté des armes au profit de l’ANL. Les deux Iliouchine Il-76 ont été détruits, vendredi dernier, lors d’une frappe menée par les forces du GNA, a annoncé le site consacré aux actualités aéronautiques, Avia.pro, repris par le journal en ligne russe Sputnik. Tripoli avait précédemment indiqué que ses forces avaient visé l’aéroport de Jufra, une base aérienne de l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar située au centre du pays. Selon le média Zerkalo Nedeli établi à Kiev, «les avions ont été affrétés par une société privée ukrainienne et transportaient des armes des Emirats arabes unis pour une des parties en conflit en Libye». Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montrerait les deux appareils se trouvant à la base aérienne de Jufra pendant la frappe des forces du GNA, révèle Sputnik. Le site ukrainien RIA Melitopol a, pour sa part, annoncé qu’un pilote militaire à la retraite, originaire de la ville de Melitopol, avait été tué en Libye. Khalifa Haftar mène depuis avril une offensive pour conquérir Tripoli où siège le GNA, reconnu par la communauté internationale. Après près de quatre mois d’affrontements meurtriers, ses troupes ne progressent pas et sont souvent acculées par une importante résistance de la part des forces loyales au GNA. Selon un dernier bilan de l’OMS, les combats aux abords de la capitale ont fait 1093 morts, 5752 blessés et plus de 100 000 déplacés. – Cinq médecins tués dans un raid au sud du Tripoli Cinq médecins ont été tués et huit autres personnes blessées dans une frappe aérienne visant un hôpital de la périphérie sud de Tripoli samedi, selon le ministère de la Santé du GNA libyen. «L’hôpital de campagne situé dans le secteur de la route de l’aéroport, au sud de Tripoli, a été visé par un raid aérien, tuant cinq médecins et blessant huit autres personnes, dont des secouristes», a indiqué Lamine Al Hachémi, porte-parole du ministère. Les ambulances et les hôpitaux de campagne près des zones de combat au sud de Tripoli sont fréquemment la cible de frappes aériennes que le GNA attribue aux troupes du général à la retraite, Khalifa Haftar. Le 16 juillet, l’hôpital de campagne d’Al Swani, à 25 km au sud de Tripoli, avait été visé pour la deuxième fois depuis le début des combats meurtriers autour de la capitale. Trois médecins et un ambulancier avaient été blessés. Un centre d’hébergement pour migrants a été également la cible, au tout début du mois en cours, d’un raid des troupes de Haftar, tuant des dizaines parmi eux. L’OMS et des organisations humanitaires ont, à plusieurs reprises, appelé Tripoli et Benghazi à épargner les infrastructures et les personnels médicaux. Z. C. Analyse du journal Elwatan. Titre modifié




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