Pensée du Jour
On ne peut pas trouver un seul pays africain qui ne dispose pas d'un arsenal juridique de lutte contre la corruption. Et pourtant la corruption continue de faire son chemin tranquillement dans tous les secteurs de la vie de la nation même si elle tend à être plus prononcée et visible au sein des administrations publiques à cause de l'impunité sélective dont jouissent certains agents de l'état
La lutte contre la corruption est souvent présentée comme une responsabilité exclusive de l’État. Pourtant, l’expérience internationale montre qu’une gouvernance efficace repose sur un principe simple : l’intégrité doit être une valeur partagée à la fois par les institutions publiques et par les acteurs économiques privés.
Dans de nombreux pays africains, les entreprises jouent un rôle central dans l’économie nationale : elles participent aux marchés publics, exploitent des ressources naturelles, réalisent des investissements dans les infrastructures et contribuent à la création d’emplois. Cette interaction constante entre le secteur public et le secteur privé crée également des risques potentiels de pratiques illicites si des mécanismes de prévention ne sont pas mis en place. Hèlas dans beaucoup de cas , c'est là que se trouve le " trou noir".
Pour cette raison, plusieurs pays ont adopté des dispositifs visant à responsabiliser les entreprises dans la lutte contre la corruption. Les organisations internationales ont également encouragé cette approche à travers des instruments tels que la United Nations Convention against Corruption et les lignes directrices de l’Organisation for Economic Co-operation and Development.
Dans un pays , la promotion d’une économie transparente et crédible pourrait être renforcée par l’adoption d’un principe simple : toute entreprise opérant dans le pays devrait disposer d’un dispositif interne clair de lutte contre la corruption. Une telle règle ne peut etre utile que si elle est applicable à tous. La moindre faille la rendrait obsèlete et ouvrirait la vanne de contournement à tout un chacun
Au demeurant, une telle démarche pourrait reposer sur trois piliers.
1. serait l’adoption par chaque entreprise d’une charte anticorruption définissant les principes d’intégrité qui doivent guider ses activités. Cette charte constituerait un engagement formel vis-à-vis de l’État, des partenaires économiques et des employés.
2. Consisterait à mettre en place une réglementation interne de conformité précisant de manière explicite les pratiques interdites, notamment :
a). la corruption active ou passive
b). les commissions occultes
c). les conflits d’intérêts non déclarés
d). les paiements illicites destinés à obtenir des avantages indus,etc.
3. reposerait sur l’existence de sanctions internes claires et dissuasives en cas de violation de ces règles. La crédibilité d’un dispositif d’intégrité dépend en effet de la certitude que les manquements seront effectivement sanctionnés.Or ce qui discridite un pays c'est la culture de l'impunitè à travers une justice à plusieurs vitesses
Une telle approche permet d’abord de protéger les entreprises elles-mêmes contre les risques juridiques et réputationnels liés aux pratiques illicites
Elle contribue ensuite à améliorer la transparence dans les relations entre les administrations publiques et les acteurs économiques.
En tout de cause, une telle stratégie renforce la crédibilité du climat des affaires auprès des investisseurs nationaux et internationaux. C'est la meilleure politique de soigner et vendre l'image d'un pays à l'étranger. Tout commence au point d'entrée du pays ,l'aéroport, les frontières maritimes ,terrestres et se poursuit dans les labyrinthes de l'administration publique
La lutte contre la corruption ne doit pas être perçue uniquement comme une exigence morale. Elle constitue aussi une condition essentielle du développement économique.
Dans un environnement où les règles sont claires et respectées, les ressources publiques sont mieux utilisées, les investissements sont plus efficaces et la confiance dans les institutions s’en trouve renforcée. Ce ne sont pas les conferences, les foires et les promesses de l'assainissement du climat des affaires qui rassurent les investisseurs mais les actes tangibles
Pour n'importe quel pays , promouvoir une culture d’intégrité partagée entre l’État et les entreprises représente donc un enjeu stratégique. C’est un investissement dans la crédibilité de l’économie nationale et dans la qualité de la gouvernance publique.
La volonté aide à penser er avancer dans la bonne direction . Seul le courage aide à faire réaliser ce que la volonté seule ne peut faire. Tout se résume à faire, et à faire-faire.
Dr. Zakaria Outman
Chadian centre for strategic studies and prospective research Think Global and Act Smart
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