Egypte : Salma Mokhtar, assistante de langue arabe au Lycée Michel Montaigne de Bordeaux
« La coopération Sud-Sud comme nécessité stratégique »

Les valeurs de la Révolution de Juillet demeurent profondément ancrées dans la défense de la souveraineté, de la dignité et de la liberté. Grâce à cette révolution, les relations entre le peuple et l’armée ont également pris une nouvelle dimension, fondée sur la confiance et la fierté. Malgré l’instabilité régionale, l’Egypte fait toujours preuve de résilience et préserve l’indépendance de ses décisions face aux pressions extérieures. Par ailleurs, le Canal de Suez demeure un symbole de la souveraineté nationale égyptienne. Après 1952, la diplomatie égyptienne s’est profondément tournée vers le Sud global, jouant un rôle fondateur dans le soutien des peuples en lutte pour leur libération, la création de l’Union africaine, l’émergence du Mouvement des non-alignés (Bandung) et le développement du panarabisme. Forte de cet héritage, l’Egypte continue aujourd’hui de contribuer activement à la résolution des crises contemporaines. A mon avis, la coopération entre les pays du Sud ne constitue plus seulement un choix politique, elle est en plus une nécessité stratégique pour construire un ordre international plus juste et plus stable. La Bourse de Nasser pour le leadership international, à travers ses programmes de formation et sa plateforme qui réunit des jeunes issus de différents pays du Sud, incarne pleinement cette vision.
Niger : Mansour Elh Amani, président de la fondation Qaruwa, une institution humanitaire et sociale basée à Niamey.
« Le modèle nassérien face aux crises sahéliennes »

Pour le Niger, pays sahélien confronté à des défis multidimensionnels, les valeurs de souveraineté et de libération portées par la Révolution de 1952 résonnent avec une force toute particulière. Le combat pour l’indépendance nationale et la dignité, incarné par le leader Gamal Abdel-Nasser, considéré comme le « Père de l’Afrique » pour son soutien aux mouvements de libération, demeure une source d’inspiration. La construction d’un Etat moderne sur des bases solides que la révolution a initiées en Egypte constitue des axes essentiels pour notre propre trajectoire. Le projet « Hayah Karima » (vie digne) en Egypte illustre cette vision de développement qui met l’humain au coeur des priorités, une approche que nous cherchons à adapter à notre contexte national. Le rôle de la coopération Sud-Sud, symbolisé par la création de l’Organisation de solidarité des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine sous l’impulsion de Nasser, est aujourd’hui plus crucial que jamais. Face aux crises mondiales interconnectées — changement climatique, insécurité alimentaire, pressions économiques —, les pays du Sud doivent unir leurs forces.
Jordanie : Bayan Aldaaja, responsable du secteur jeunesse du Parti social-démocrate jordanien.
« L’héritage de la Révolution de Juillet fait face aux défis de notre génération »

74 ans après la Révolution du 23 Juillet, son importance réside dans sa capacité à poser une question toujours d’actualité : comment construire un Etat juste, capable d’assurer le développement et de préserver la dignité de ses citoyens ? Selon moi, la réponse repose sur trois piliers fondamentaux : l’égalité des chances, l’Etat de droit et la justice sociale, conditions préalables à l’édification d’un contrat social équilibré. Face aux bouleversements géopolitiques et aux crises interconnectées, l’héritage le plus important de la Révolution de Juillet réside dans la mise en valeur du concept de solidarité entre les nations du Sud. Les relations entre les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine ne relèvent plus d’un choix idéologique, mais d’une nécessité stratégique pour élaborer des solutions partagées et renforcer leur autonomie. Grâce à mon engagement au sein du Mouvement de la jeunesse Nasser, je constate la concrétisation de ce concept par la création de réseaux transnationaux de jeunes et le lancement d’initiatives communes. Le véritable défi de notre génération est de s’inspirer de ces valeurs et de les adapter à notre réalité. L’avenir reposera sur des partenariats Sud-Sud qui font de la coopération un outil de développement, et non un simple symbole de solidarité.
Inde : Ravi Raj, doctorant au Centre d’études russes et centrasiatiques de l’Université Jawaharlal Nehru.
« Transformer la nostalgie de Bandung en alternative concrète »

Le legs le plus durable de la Révolution du 23 Juillet pour l’Inde réside dans cette certitude : la dignité et le développement sont indissociables, et la souveraineté nationale n’a de sens que par la justice sociale. Aucune nation ne peut se prétendre libre tant que ses citoyens les plus pauvres restent privés d’opportunités. En tant que responsable de la cellule de gestion des catastrophes à l’Université Jawaharlal Nehru, j’ai également constaté que c’est la solidarité, et non la charité, qui protège véritablement les communautés vulnérables en situation de crise. Le rôle de la Révolution de Juillet dans la construction de la coopération Sud-Sud est aujourd’hui plus urgent que jamais. Changement climatique, pauvreté et coercition économique ne sont pas des crises distinctes ; ce sont des pressions cumulatives qui pèsent le plus lourdement sur les pays du Sud, alors même que ce sont les pays les moins responsables qui en supportent le coût le plus élevé. Le défi de notre génération est désormais de démontrer que la coopération entre l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine n’est pas une nostalgie de Bandung, mais une alternative vivante et concrète face à un ordre mondial qui nous est encore défavorable.
Argentine : Haidar Milhem, journaliste et responsable des affaires arabes et islamiques au sein de l'Organisation Simon Bolivar.
« Les pays du Sud doivent rester unis et organisés face aux crises actuelles »

Je considère que les principes, les valeurs et les acquis de la Révolution du 23 Juillet sont fondamentaux pour relever les défis actuels. Pour n'en citer que quelques-uns, je soulignerais la défense de la souveraineté, illustrée par la nationalisation du Canal de Suez. Ceci m'amène à souligner un autre acquis découlant du premier : la véritable indépendance. Suite à cette nationalisation, le pays a subi des attaques de la part de la Grande-Bretagne, de la France et d’Israël ; pourtant, l'Egypte est sortie victorieuse et a sécurisé les ressources qui lui appartenaient légitimement, obtenant ainsi une indépendance non seulement politique, mais aussi économique. Sur le plan social, on peut citer les vastes campagnes d'alphabétisation et l'octroi du droit de vote et du droit d'occuper des fonctions publiques aux femmes. Ces mesures, ainsi que d'autres politiques publiques ont favorisé la justice sociale. En Argentine, ces idéaux ont été historiquement défendus par le mouvement péroniste, qui partage de nombreux points communs avec le mouvement nassérien. Selon moi, les pays du Sud doivent rester unis et organisés face aux crises actuelles. Des solutions concrètes émergeront grâce à un effort diplomatique soutenu et à la volonté politique des gouvernements du Sud. C'est là l’un des grands enseignements du nassérisme. Gamal Abdel-Nasser fut un leader des mouvements arabe et africain, ainsi que du Mouvement des non-alignés. Fort de cet exemple, il est crucial de renforcer les liens entre l'Amérique latine, l'Asie et l'Afrique pour inscrire ces questions à l'agenda international et bâtir une coopération mutuelle.
Cameroun : Lawong Kendra Yaah, artisane de paix et administratrice chez Xhuma Africa.
« Leadership indépendant et réappropriation des ressources »

On ne peut évoquer le progrès et le développement de l’Egypte sans mentionner la Révolution du 23 Juillet, qui a défendu courageusement la souveraineté nationale et l’autonomie. Aujourd’hui, la jeunesse camerounaise est confrontée à des défis tels que le chômage, les conflits et le changement climatique. Pour nous, au Cameroun, le principal enseignement de cette révolution réside dans l’émergence d’un leadership jeunesse indépendant. Par ailleurs, la nationalisation historique du Canal de Suez nous enseigne que les ressources locales doivent bénéficier aux communautés locales. En s’appuyant sur cet héritage, les jeunes Camerounais prennent en main leur propre développement. Le chemin est peut-être long et difficile, mais il n’est pas impossible. Aujourd’hui, des crises comme la pauvreté, le changement climatique et l’instabilité économique ne peuvent être résolues par une seule nation. La coopération Sud-Sud est essentielle, à l’instar du Canal de Suez qui relie physiquement le commerce international. Ensemble, nous partageons des solutions locales afin de faire entendre notre voix à l’échelle mondiale : militons pour la paix et collaborons au développement de l’entrepreneuriat.
Afrique du Sud : Kagiso Segage, directrice générale du Centre de justice réparatrice d’Afrique du Sud.
« Une boussole face aux crises contemporaines de l’Afrique »

Les valeurs de la Révolution du 23 Juillet demeurent d’une grande actualité pour relever nombre de défis auxquels est confronté aujourd’hui le continent africain. Parmi ses plus grands héritages figurent la quête de justice sociale, la souveraineté nationale, la dignité, la solidarité et la conviction que les jeunes ont un rôle essentiel à jouer dans la construction de la société. Ces principes trouvent un écho profond dans un pays comme l’Afrique du Sud, où nous continuons à lutter contre les inégalités, le chômage, la pauvreté et les violences sexistes. L’une des contributions les plus durables de la Révolution a été son engagement à renforcer la coopération entre les pays du Sud. Aujourd’hui, cet esprit de coopération Sud-Sud est plus important que jamais, car nos nations sont confrontées à des défis communs tels que le changement climatique, l’insécurité alimentaire, les crises sanitaires et les inégalités économiques. Aucun pays ne peut seul relever ces défis. Grâce aux partenariats, aux échanges de connaissances et au soutien mutuel, les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine peuvent élaborer des solutions adaptées à leurs réalités et aspirations.
Russie : Snezhana Ermoshkina, enseignante, neuropsychologue, membre de la diplomatie des jeunes de Kazan
« Pour un nouvel espace géopolitique Sud-Sud »

L’apport majeur de la Révolution du 23 Juillet réside dans le lien indissociable qu’elle a établi entre la justice sociale et le développement humain. En s’opposant à la concentration des richesses aux mains d’une minorité, cet événement a démontré l’efficacité des réformes agraires et industrielles pour permettre à un peuple de façonner son propre destin. Cette vision offre un éclairage précieux pour la société russe actuelle. La souveraineté ne se mesure pas uniquement à la puissance militaire ou politique ; elle s’évalue à la capacité d’un Etat à offrir à toute sa jeunesse — de Moscou à la Sibérie — un accès réel à l’éducation, à l’emploi, au logement et à la santé. La Révolution de Juillet nous rappelle que l’indépendance perd sa substance si les opportunités restent concentrées : une bonne gouvernance se doit d’être inclusive. L’héritage de cette révolution demeure pertinent car les crises mondiales ne connaissent pas de frontières. Dans « La Philosophie de la révolution », Nasser avertissait que les nations ne vivent pas « sur une île isolée ». La crise climatique, la pauvreté, la dette mondiale, les sanctions et les conflits tarifaires confirment la justesse de son observation. C’est pourquoi je conçois la coopération Sud-Sud comme la capacité des pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et de leurs partenaires à élargir leur marge d’action indépendante. La tradition de Bandung a ainsi créé un langage politique permettant aux Etats de défendre leur souveraineté tout en coopérant pour le développement mutuel.
Pakistan : Momeena Mehdi, secrétaire générale de l’Association des étudiants de l’OCI en Azerbaïdjan.
« Le message universel du 23 Juillet »

La Révolution du 23 Juillet marque un tournant historique non seulement pour l’Egypte et les pays arabes et africains, mais aussi pour l’ensemble des musulmans de l’OCI, de l’Albanie en Europe à l’Indonésie en Asie du Sud-Est. Pour des pays comme le Pakistan, autrefois appelé le sous-continent britannique, cette révolution représentait la promesse d’affirmer leur identité propre et leur souveraineté nationale. En plus, je la considère comme la pierre angulaire, qui consolide les fondements de la justice sociale et de la vie démocratique, centrées sur les principes « pour le peuple » et « par le peuple ». Alors que le « Sud » a toujours été perçu comme inférieur et en retard sur l’Occident, la Révolution de Juillet a incarné un rejet des régimes coloniaux et élitistes qui régnaient sur des terres sur lesquelles ils n’avaient aucun droit légitime. Célébrer l’anniversaire de cette Révolution est un rappel de notre unité dans la lutte contre les injustices. Aujourd’hui, les modèles de gouvernement participatif, tels que le leadership des jeunes, offrent des solutions concrètes aux crises mondiales. Plus important encore, ils symbolisent la solidarité avec la vision de révolutionnaires comme Gamal Abdel-Nasser et la mission de créer une société libre et juste.
Kenya : Shelley Jane Nyonje, juriste internationale
« Un pont vers la paix régionale »

L’une des plus grandes réalisations de la Révolution du 23 Juillet a été la fin de la monarchie et l’instauration de la république en Egypte. Au-delà de l’Egypte, elle a inspiré les mouvements anticoloniaux en Afrique et renforcé les idéaux d’autodétermination, de souveraineté et de justice sociale. Le Kenya, comme de nombreux pays en développement, a vu sa gouvernance démocratique mise à l’épreuve, mais ses institutions ont continué d’évoluer. Cette Révolution nous rappelle que les citoyens ont le pouvoir d’exiger un changement positif en promouvant la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et le développement inclusif. En soutenant les mouvements de libération, la Révolution du 23 Juillet a aussi scellé la solidarité entre l’Egypte et le reste du Sud global. Aujourd’hui, la coopération Sud-Sud reste essentielle pour relever les défis communs comme le changement climatique, la pauvreté et l’insécurité. En tant que jeunes leaders, il nous incombe de bâtir des partenariats transfrontaliers et d’échanger nos innovations. Lorsque la jeunesse collabore au-delà de ses différences, elle crée des réseaux durables indispensables à la paix et au développement régional.
Nigeria : Shamsiyyah Umar, conseillère jeunesse auprès de l'UNICEF Nigeria.
« La Révolution de Juillet a été un levier d'inclusion et d'action collective pour le Sud global »

La Révolution du 23 Juillet reste toujours un symbole de dignité, d'autodétermination et de justice sociale, prouvant que les nations du Sud peuvent façonner leur propre avenir. L'une de ses valeurs les plus inspirantes réside dans son engagement en faveur de l'autonomisation des communautés marginalisées. En tant que militante pour l'inclusion au Nigeria, je crois que ces principes restent essentiels pour relever les défis persistants tels que le chômage des jeunes, l'accès limité à l'éducation et l'exclusion des personnes handicapées du processus de prise de décision. Cette révolution a également démontré l'importance de la coopération Sud-Sud aujourd'hui, face aux défis interconnectés. Les pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine partagent de nombreuses réalités communes et peuvent tirer profit de l'échange de solutions innovantes. Je crois que l'héritage durable de la Révolution du 23 Juillet réside non seulement dans son histoire, mais aussi dans sa capacité à inspirer les jeunes à construire des sociétés plus inclusives, équitables et résilientes grâce à la coopération et à l'action collective.
Sri Lanka : Dr Thilanka Gunarathna, médecin (titulaire d’un doctorat en médecine/MD).
« Briser la dépendance par l’unité : une boussole pour l’Asie et le Sud global »

La Révolution du 23 Juillet continue d’offrir des enseignements intemporels face aux défis mondiaux actuels. Ses valeurs demeurent d’une grande pertinence pour relever les défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels sont confrontés de nombreux pays en développement. Au Sri Lanka, où la relance économique, l’emploi des jeunes, l’inclusion sociale et le développement durable sont des priorités essentielles, ces principes offrent aux jeunes la possibilité de contribuer activement à la construction de la nation. L’une des plus grandes réussites de la Révolution de 1952 a été sa vision de solidarité entre les nations du Sud. Le président Gamal Abdel-Nasser avait compris que les pays en développement pouvaient progresser rapidement en unissant leur force, en partageant leurs connaissances et en promouvant le respect mutuel plutôt qu’en s’enfermant dans des schémas de dépendance extérieure. Aujourd’hui, cette vision est plus importante que jamais. Aucune nation ne peut surmonter seule ces problèmes complexes. Les valeurs de la Révolution du 23 Juillet demeurent une puissante source d’inspiration pour bâtir un Sud global plus juste, uni et prospère.
Népal : Rachumani Luitel, journaliste, responsable et coordinateur du Conseil de la jeunesse Népal-Pakistan.
« Bâtir une résilience collective »

La Révolution du 23 Juillet demeure un jalon historique majeur non seulement pour l'Egypte, mais aussi pour de nombreux pays du Sud. Ses principes résonnent encore aujourd'hui, alors que de nombreux pays en développement s'efforcent de réduire les inégalités, de renforcer la participation démocratique, d'autonomiser les jeunes et de bâtir des institutions résilientes. Pour le Népal, nation riche de sa diversité, ces valeurs continuent d'inspirer les jeunes dirigeants qui œuvrent pour une coopération pacifique. La Révolution de Juillet a également jeté les bases d'une coopération Sud-Sud solide en promouvant la solidarité entre les nations d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. A une époque marquée par le changement climatique, l'incertitude économique, les défis de santé publique et le creusement des inégalités de développement, la collaboration entre les pays du Sud est plus cruciale que jamais. En partageant leurs connaissances, leurs technologies, leurs innovations et leurs expériences réussies en matière de politiques publiques, les pays en développement peuvent renforcer leur résilience collective et parvenir ensemble à une croissance durable.
Irak : Zhiman Taha Latif, membre du département des relations extérieures de l’Union patriotique du Kurdistan.
« La Révolution de Juillet est un vecteur de dialogue et d’inclusion régionale »

La valeur des révolutions ne se mesure pas uniquement à leurs réalisations au moment de leur déclenchement historique, mais aussi à leur capacité à inspirer des générations et à apporter des solutions aux défis. De ce point de vue, la Révolution du 23 Juillet continue d'incarner des principes essentiels à notre région. Pour nous, ses valeurs, telles que la justice sociale, la construction d'un Etat fondé sur des institutions solides, l'investissement dans l'éducation, l'émancipation des jeunes et la préservation de l'autonomie nationale, demeurent des piliers fondamentaux pour le développement et la stabilité de l'Irak et du Kurdistan irakien. L'héritage de cette révolution réside également dans son approche d'ouverture et de dialogue avec les peuples de la région. Dans ce contexte, l'ouverture du président Gamal Abdel-Nasser à la question kurde est hautement appréciée au Kurdistan irakien. Elle témoigne ainsi de son intérêt pour la diversité culturelle et a contribué au renforcement du dialogue entre Arabes et Kurdes. Cet héritage souligne que la stabilité ne s'obtient pas par la seule force, mais par l'inclusion de toutes les composantes de la société dans la construction d'un avenir commun.
Tchad : Malick Mahamat Tidjani, diplôme de Licence en droit public.
« Un modèle permanent pour l'Afrique »

La Révolution du 23 Juillet a profondément transformé l'Egypte, en particulier et l'Afrique en général. Ses principes restent toujours l'inspiration pour répondre à de nombreux défis contemporains. Dès ses origines, elle a cherché à réduire les disparités sociales en facilitant l'accès à l'éducation et aux services publics, garantissant ainsi une répartition plus équitable des ressources. La nationalisation du Canal du Suez, en 1956 jusqu'à maintenant, reste une date inoubliable pour la mondialisation et le développement économique. La révolution de Nasser a lancé de grands projets de développement dans le cadre de l'agriculture, de l'industrie, de la technologie et bien d'autres. Elle a imposé toujours l'éducation de qualité comme le principal outil pour former une jeunesse compétente. Il faut comprendre que, même si le monde se modernise, l'avenir émerge toujours du passé. L'héritage de Gamal Abdel-Nasser ici, en Egypte, en est le parfait exemple.
Mali : Aissata S Coulibaly, enseignante au collège et activiste dans le domaine de l’environnement.
« Valoriser les compétences locales »

La Révolution du 23 Juillet reste une source d’inspiration pour les jeunes du Sud global. Dans mon pays, ses principes encouragent la participation des jeunes, le renforcement de la cohésion sociale et la lutte contre les inégalités. Ils rappellent également l’importance de placer l’intérêt du peuple au cœur des politiques publiques. La coopération Sud-Sud, portée par l’esprit de la Révolution, est aujourd’hui plus importante que jamais. Les pays du Sud doivent renforcer leur solidarité, partager leurs expériences et construire des solutions adaptées à leurs réalités. Cette coopération permet de valoriser les compétences locales, d’encourager l’innovation et de parler d’une voix plus forte sur les grandes questions internationales. Cette solidarité se traduit concrètement par le renforcement du leadership des jeunes et des projets communs en faveur du développement durable. C’est en travaillant ensemble que les jeunes pourront bâtir un avenir plus juste et plus prospère pour les générations futures.
Brésil : Victor Abi-Rihan Ávila, avocat et journaliste.
« De l’Amazonie au Nil : L’urgence de l’union »

Vue du Brésil, la Révolution égyptienne du 23 Juillet 1952 est bien plus qu’une histoire lointaine. Dans un pays dont les ressources ont longtemps servi des intérêts extérieurs, le principe nassérien selon lequel la richesse d’une nation appartient à son peuple résonne comme un cri de ralliement. De la nationalisation du Canal de Suez aux droits sociaux, la leçon est claire : le développement n’est pas une charité accordée par l’étranger.
Face à l’extractivisme, au changement climatique qui dévaste le Sahel comme l’Amazonie et au carcan de la dette, la coopération Sud-Sud est une nécessité absolue. Nasser l’avait compris : seuls, nous subissons des pressions ; ensemble, nous négocions. De Bandung au Mouvement des non-alignés, cette révolution a bâti un pont entre l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. Aujourd’hui, redéfinir notre avenir passe par la collaboration renforcée du Brésil et de l’Egypte au sein des BRICS élargis sur le transfert de technologies entre nations en développement plutôt que sur la dépendance, sur des revendications conjointes en matière de financement climatique, des partenariats pour la sécurité alimentaire et une voix commune réclamant un ordre mondial plus juste.
Arménie : Arusyak Kostandyan, cheffe d'équipe et tutrice d'anglais à l'académie Big Mind Kids.
« Construire la souveraineté »

En tant qu’arabisante, j’ai d’abord découvert la Révolution du 23 Juillet par la langue et les textes avant d’en saisir la portée politique. Son idée centrale demeure d'une brûlante actualité : l’indépendance n’est pas un acquis historique, mais une construction permanente, par l'école, l'industrie et la confiance en son propre avenir. Cela résonne particulièrement en moi : l'Arménie préserve elle aussi sa souveraineté face à des voisins puissants. En lisant la génération de Nasser, je retrouve cette interrogation universelle : comment une jeune ou petite nation peut-elle s’assumer seule ?
En plus, la coopération Sud-Sud est trop souvent réduite à un vestige de la Guerre froide. Il s'agissait pourtant d'une idée simple : s'entraider directement, sans attendre l'Occident. Face au défi climatique et aux pressions économiques qui frappent les pays les plus vulnérables, cette démarche est plus essentielle que jamais. Au sein du Nasser Youth Movement, nous incarnons cette vision au quotidien, par des échanges étudiants, des plaidoyers communs et des liens d'amitié directs, sans passer par le filtre des intermédiaires traditionnels.



