Par Sarah H. Salmane
Analyste, chercheure associée au CEDPE
Les avis de certains chercheurs sont pris en compte dans cette analyse
Les dernières tensions autour du détroit d'Ormuz ravivent les inquiétudes de la communauté internationale. D'un côté, l'Iran pose ses conditions pour la réouverture de cette voie maritime stratégique. De l'autre, Donald Trump aurait fixé un ultimatum de 24 heures, menaçant de reprendre des frappes d'une violence sans précédent en cas de refus.
Une question s'impose. A quoi jouent ces deux puissances engagées dans une dangereuse logique d'escalade ?
L'Iran cherche-t-il à démontrer qu'il possède des capacités de dissuasion encore inconnues ? Est-il convaincu que les États-Unis hésiteront à aller jusqu'à une confrontation totale ? Ou estime-t-il que le coût politique, économique et militaire d'une nouvelle guerre serait trop élevé pour Washington ?
A l'inverse, Téhéran ne commet-il pas une erreur stratégique en défiant ouvertement un dirigeant qui n'a jamais caché sa volonté de recourir à la force ?
Analyste, chercheure associée au CEDPE
Les avis de certains chercheurs sont pris en compte dans cette analyse
Les dernières tensions autour du détroit d'Ormuz ravivent les inquiétudes de la communauté internationale. D'un côté, l'Iran pose ses conditions pour la réouverture de cette voie maritime stratégique. De l'autre, Donald Trump aurait fixé un ultimatum de 24 heures, menaçant de reprendre des frappes d'une violence sans précédent en cas de refus.
Une question s'impose. A quoi jouent ces deux puissances engagées dans une dangereuse logique d'escalade ?
L'Iran cherche-t-il à démontrer qu'il possède des capacités de dissuasion encore inconnues ? Est-il convaincu que les États-Unis hésiteront à aller jusqu'à une confrontation totale ? Ou estime-t-il que le coût politique, économique et militaire d'une nouvelle guerre serait trop élevé pour Washington ?
A l'inverse, Téhéran ne commet-il pas une erreur stratégique en défiant ouvertement un dirigeant qui n'a jamais caché sa volonté de recourir à la force ?
Les déclarations particulièrement agressives de Donald Trump sur l'Iran ont souvent alimenté les craintes d'une escalade incontrôlable. Dans ce contexte, chaque provocation augmente le risque d'un engrenage dont personne ne maîtrise véritablement l'issue. MS. Abdelsalam, chercheur.
Le plus inquiétant est que le monde entier devient progressivement l'otage d'un conflit dont les conséquences pourraient dépasser largement le Moyen-Orient. Une fermeture durable du détroit d'Ormuz entraînerait des répercussions majeures sur les marchés de l'énergie, le commerce international et l'économie mondiale.
Pendant ce temps, le gouvernement israélien observe probablement cette évolution avec attention. Pour Israël, un affaiblissement durable du régime iranien et un ralentissement de son programme nucléaire constitueraient des objectifs stratégiques de longue date. La poursuite des tensions peut donc être perçue comme servant certains de ses intérêts sécuritaires, même si toute guerre comporte également des risques importants pour l'ensemble de la région.
Pendant ce temps, le gouvernement israélien observe probablement cette évolution avec attention. Pour Israël, un affaiblissement durable du régime iranien et un ralentissement de son programme nucléaire constitueraient des objectifs stratégiques de longue date. La poursuite des tensions peut donc être perçue comme servant certains de ses intérêts sécuritaires, même si toute guerre comporte également des risques importants pour l'ensemble de la région.
De nombreux analystes estiment que la gestion de cette crise par Donald Trump est contestable. Il reste toutefois prématuré de tirer des conclusions définitives tant que la situation continue d'évoluer. L'Histoire jugera les choix des différents acteurs. Mme Agnès Jean chercheure.
Mais un autre chiffre interpelle : "près de 40 milliards de dollars auraient déjà été mobilisés dans cette confrontation. Imaginons un instant ce que représenterait une telle somme si elle était consacrée à la lutte contre la faim, à la santé ou à l'éducation. Des millions d'enfants souffrant de malnutrition pourraient être sauvés, des écoles construites, des hôpitaux équipés et des vies transformées". Ramy Haroun, chercheur.
Voilà peut-être le paradoxe le plus troublant de notre époque. Les grandes puissances trouvent rapidement des ressources colossales pour financer les guerres, mais peinent à réunir les moyens nécessaires pour sauver les plus vulnérables. Dr. Ahmat Yacoub Dabio, expert en gestion de conflit, président du CEDPE.
A force de privilégier la logique des armes au détriment de celle de l'humanité, le monde risque de remporter des victoires militaires tout en perdant l'essentiel : la paix, la stabilité et le sens même de notre responsabilité collective.


