La riposte s’organise dans un contexte de tension extrême, où la sécurité des approvisionnements devient le nerf de la guerre. L’arrivée à Bamako de convois massifs de camions-citernes sous haute escorte militaire illustre l’urgence de la situation. Ce bras de fer entre l’État malien et les groupes armés terroristes redéfinit les enjeux de la souveraineté au Sahel, mettant à l’épreuve la résilience d’une population déjà éprouvée par des années de conflit et désormais confrontée à un blocus énergétique et logistique sans précédent.
Sabotage à Manantali : la guerre de l’énergie est déclarée
Bamako et ses environs sont actuellement plongés dans une obscurité quasi totale, avec des coupures d’électricité pouvant atteindre 72 heures consécutives dans certains quartiers. Ce black-out n’est pas le fruit du hasard : plusieurs sources confirment la destruction ciblée d’infrastructures électriques reliées au barrage hydroélectrique de Manantali. Ce barrage est le poumon énergétique du Mali et un pivot de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS). En frappant ce site stratégique, les jihadistes ne visent pas seulement le Mali, mais menacent l’équilibre énergétique de toute la sous-région, incluant le Sénégal et la Mauritanie.
L’entreprise publique Énergie du Mali (EDM) a reconnu des perturbations majeures sans toutefois nommer l’origine criminelle de l’incident, bien que les services de sécurité confirment un sabotage délibéré survenu en fin de semaine dernière. Cette attaque contre les biens communs marque une radicalisation de la stratégie du Jnim, qui utilise désormais l’obscurité comme une arme psychologique pour alimenter le mécontentement social et fragiliser les autorités de transition en plein cœur de la capitale.
Terreur sur le bitume : l’asphyxie des axes de transport
Parallèlement au front énergétique, les jihadistes maintiennent une pression constante sur les routes nationales. Entre samedi et dimanche, au moins une dizaine d’autocars ont été incendiés sur l’axe Ségou-Bamako, notamment autour de la localité de Zambougou. Le mode opératoire témoigne d’une volonté d’intimidation systématique : les passagers sont forcés de descendre avant que leurs véhicules ne soient réduits en cendres. Ces épaves fumantes, qui jonchent désormais la chaussée, servent de barrières psychologiques pour dissuader tout commerce et tout mouvement vers la capitale.
Face à cette menace, les Forces Armées Maliennes (FAMa), appuyées par les partenaires de l’Africa Corps, tentent de sécuriser les flux vitaux. Un convoi exceptionnel de 700 camions-citernes a pu être réceptionné dimanche à Bamako après avoir traversé des zones de haute insécurité. Cette opération logistique d’envergure, couverte par des moyens aériens, permet de donner un répit temporaire à la ville. Cependant, dans le Nord, et particulièrement à Kidal, le statu quo demeure, laissant présager de nouveaux affrontements d’envergure entre les forces régulières et la coalition des groupes armés.
Alerte Mali : Le blocus du JNIM plonge Bamako dans le noir

