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Actualité

Des fissures au sein de la coalition militaire de Khartoum, Djibril s'oppose à Burhan

Mercredi 3 Juin 2026

Djibril Ibrahim, par ailleurs président du Mouvement pour la Justice et l'Égalité (MJE), aurait catégoriquement rejeté la décision du général Abdel Fattah al-Burhan de placer l'ensemble des milices alliées sous le commandement unifié des Forces Armées Soudanaises (FAS).


Des tensions inédites semblent traverser la coalition militaire qui soutient le gouvernement de Khartoum. Selon des informations concordantes, le ministre des Finances, Djibril Ibrahim, par ailleurs président du Mouvement pour la Justice et l'Égalité (MJE), aurait catégoriquement rejeté la décision du général Abdel Fattah al-Burhan de placer l'ensemble des milices alliées sous le commandement unifié des Forces Armées Soudanaises (FAS).
 
Ce refus ne serait pas isolé. Les mêmes sources indiquent que Djibril Ibrahim aurait également opposé une fin de non-recevoir à toute tentative de le démettre de ses fonctions, ouvrant ainsi un bras de fer direct avec le Premier ministre. Dans ces dernières sorties, Djibril n'a pas manqué de rappeler publiquement que c'est grâce à ses forces que la capitale et A-ljazeera étaient reprises des mains des FSR. Cette fronde au sein même de l'appareil gouvernemental met en lumière les profondes divergences qui fracturent une coalition jusque-là présentée comme unie face aux Forces de Soutien Rapide (FSR). Selon Dr. Ahmat Yacoub Dabio, expert en gestion de conflits et président du CEDPE:
L'ironie de la situation n'échappe à personne. C'est précisément la question de l'intégration des FSR au sein de l'armée régulière qui avait mis le feu aux poudres le 15 avril 2023, déclenchant un conflit armé dévastateur dont le Soudan paye encore le prix. Aujourd'hui, le même schéma de résistance à l'unification des forces armées se reproduit, cette fois au sein du camp qui se pose en défenseur de l'État.
Cette crise interne soulève des interrogations profondes sur la cohésion et la viabilité à long terme de la coalition de Khartoum, à un moment où le pays traverse l'une des pires crises humanitaires de son histoire.

MS. Abdelsalam
Analyste, chercheur associé au CEDPE