Depuis plus de trois décennies, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) s’est imposé comme le parti unique de fait au Tchad. Mais loin d’apporter stabilité et prospérité, il a engendré corruption, injustice, insécurité et misère. Il a échoué dans l'amélioration de la vie quotidienne du citoyen? Il a plongé le pays dans l'obscurité, l'inondation, le tribalisme, les conflits intercommunautaires.
La dissolution de ce mouvement apparaît aujourd’hui comme une étape incontournable pour libérer le pays de son carcan politique.
Un héritage de corruption et de détournement. Les ressources nationales, notamment pétrolières, ont été accaparées par une élite restreinte. Les institutions de contrôle sont neutralisées, laissant prospérer les détournements massifs.
La population, elle, subit chômage, pauvreté et absence de services publics dignes.
Militarisation et confiscation du pouvoir. Le MPS a transformé l’armée en instrument politique, promouvant des généraux sans formation. Cette militarisation a nourri les conflits internes et fragilisé l’État.
La répression des opposants et le musellement des médias ont étouffé toute alternance.
Pourquoi la dissolution est nécessaire ? Le MPS est devenu un obstacle à la démocratie et au développement, sa survie perpétue un système de prédation et d’injustice. Dissoudre ce parti, c’est ouvrir la voie à une refondation institutionnelle et citoyenne.
Il s’agit de jeter les bases d’un renouveau, avec une nouvelle constitution garantissant la séparation des pouvoirs, des institutions indépendantes de lutte contre la corruption et de contrôle budgétaire, une réforme de la justice pour la protéger des ingérences politiques et le renouvellement des élites par l’éducation et l’ouverture du champ politique.
Le Tchad ne peut se reconstruire sans rompre avec le système qui l’a enfermé dans la misère et l’instabilité pendant quatre décennies. Dissoudre le Mps, c’est tourner la page d’un parti devenu synonyme de malheur, et offrir enfin à la jeunesse tchadienne la possibilité d’écrire une nouvelle histoire, fondée sur la transparence, la justice et l’espérance.
Sarah H Salmane
Analyste, chercheure associée au CEDPE
Sahel 7
www.centrerecherche.com

