Forum international de Dakar sur la Paix et la sécurité en Afrique
Dakar 20 – 21 avril 2026
Contribution : Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Expert en gestion de conflits
Président du CEDPE
L’expansion du terrorisme du Sahel vers les États côtiers illustre une dynamique inquiétante. Les menaces ne connaissent pas de frontières, mais nos réponses restent trop souvent fragmentées. Pour s’implanter dans de nouveaux territoires, les groupes armés exploitent les failles de gouvernance, les rivalités géopolitiques, les fragilités sociales. Leur redéploiement est facilité également par l’échec du processus de DDRR (DÉSENGAGEMENT, DÉSASSOCIATION, RÉINTÉGRATION, ET RÉCONCILIATION) dans la plupart de pays qui ne prennent pas au sérieux ou qui ne donnent pas à ce processus d’importance.
Dakar 20 – 21 avril 2026
Contribution : Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Expert en gestion de conflits
Président du CEDPE
L’expansion du terrorisme du Sahel vers les États côtiers illustre une dynamique inquiétante. Les menaces ne connaissent pas de frontières, mais nos réponses restent trop souvent fragmentées. Pour s’implanter dans de nouveaux territoires, les groupes armés exploitent les failles de gouvernance, les rivalités géopolitiques, les fragilités sociales. Leur redéploiement est facilité également par l’échec du processus de DDRR (DÉSENGAGEMENT, DÉSASSOCIATION, RÉINTÉGRATION, ET RÉCONCILIATION) dans la plupart de pays qui ne prennent pas au sérieux ou qui ne donnent pas à ce processus d’importance.
Une question taraude l’esprit : quelle a été la contribution des États côtiers dans le processus de DDRR dans le bassin du lac Tchad ou dans les pays subsahéliens ? Les États côtiers n’ont pas été solidaires alors que les pays subsahéliens subissaient les atrocités des groupes terroristes. Le Tchad, par exemple, dont le projet de DDRR est estimé à 54 milliards de FCFA, n’a eu d’autre choix que de se tourner vers des partenaires occidentaux. Or, la politique de ces derniers ne leur permet pas de se mettre à la place des pays concernés pour résoudre leurs problèmes. Leur contribution, surtout symbolique, assure leur présence et donne un certain espoir aux pays demandeurs. C’est pourquoi on est en droit de se demander quelle a été la participation réelle des États côtiers pour freiner l’expansion des groupes terroristes jusqu’à leurs propres territoires.
=) Le secrétaire général[1] a recommandé une stratégie de développement en Afrique de l’Ouest pour faire face aux conditions sous-jacentes qui permettent à l’extrémisme de prendre racine.
« Les terroristes prospèrent lorsque le contrat social est rompu, dit-il. Lorsque les familles sont prises au piège de la pauvreté et les jeunes n’ont pas accès à l’éducation ou à l’emploi, l’extrémisme gagne du terrain. » Je prends l’exemple de Boko Haram où plus de 10 de la jeunesse de la région ont prêté allégeance à ce groupe.
« Lorsque la gouvernance échoue, lorsque le développement stagne, lorsque les services publics se détériorent, lorsque les droits de l’homme sont enfreints, lorsque les communautés sont marginalisées, lorsque les habitants ne croient plus dans leurs institutions, les terroristes trouvent des moyens d’exploiter les doléances du peuple. »
Pour y répondre durablement, trois pistes sont essentielles :
- S’attaquer aux causes profondes du terrorisme
- La pauvreté rurale, le chômage des jeunes et l’exclusion sociale sont des terrains fertiles pour le recrutement.
- Les politiques de développement doivent cibler les zones frontalières et les communautés vulnérables, en intégrant éducation, emploi et infrastructures.
- Renforcer la coopération régionale au-delà des rivalités
- Les États côtiers doivent dépasser les logiques de compétition et bâtir une architecture sécuritaire commune.
- Les mécanismes de partage de renseignement et de coordination militaire doivent être institutionnalisés, afin d’éviter la dispersion des efforts.
- Réconcilier sécurité et légitimité
- La lutte contre le terrorisme ne peut se réduire à une réponse militaire.
- Les populations doivent percevoir l’État comme protecteur et non comme oppresseur. Cela suppose une gouvernance inclusive, une justice équitable et une présence institutionnelle crédible dans les zones périphériques.
En somme, la réponse durable ne viendra pas d’une militarisation accrue, mais d’une coopération sincère et d’une refondation du contrat social. Les États africains doivent transformer leurs frontières en espaces de solidarité et non en lignes de fracture.
La stabilité des États côtiers dépendra de leur capacité à anticiper, à coopérer et à bâtir une légitimité partagée avec leurs citoyens.
La stabilité des États côtiers dépendra de leur capacité à anticiper, à coopérer et à bâtir une légitimité partagée avec leurs citoyens.


