Connectez-vous S'inscrire
Menu
www.centrerecherche.com
Siège : N'Djamena, Tchad
E-mail : yacoubahmat@aol.com
Ensemble contre les conflits et pour la paix

Conflit et prévention

Géopolitique du désarmement : Quand Téhéran brandit la fable de "Lion amoureux"

Samedi 13 Juin 2026

« Aucun peuple, aucun État de la région ne souhaite finir comme le Lion amoureux. » C’est par cette formule acérée que le porte-parole de la diplomatie iranienne, M. Baghaei, a résumé toute la complexité du paysage stratégique actuel. Mais quelle est donc cette allégorie qui, en quelques mots, cristallise tout l’échiquier régional ?



⭕ Le piège d'Ésope : De la puissance à la déchéance
Il faut plonger dans les célèbres fables d'Ésope pour comprendre la métaphore. L'histoire raconte qu'un lion majestueux, éperdument épris d'une jeune mortelle, alla trouver son père pour demander sa main. Terrifié mais astucieux, le père n'osa pas refuser de front. Il usa de ruse : « Ma fille est si délicate », dit-il au prédateur. « Elle est terrifiée par tes griffes acérées et tes crocs acérés. Débarrasse-toi d'eux, et elle sera à toi. » Aveuglé par sa passion, le lion accepta sans réfléchir. Il s'arracha les dents et se fit couper les griffes. Lorsqu'il revint, totalement désarmé, il n'inspirait plus la moindre crainte. Le père lui rit alors au nez et le chassa sans ménagement.
⭕ La morale est implacable : L'amour a ses vertus, mais quel qu'en soit le prix, ne sacrifiez jamais vos armes et votre dignité. Celui qui vous exige de renoncer à votre force pour être à ses côtés sera le premier à vous mépriser une fois que vous serez vulnérable.
⭕ L'avertissement à peine voilé, destiné à Bagdad et Beyrouth
Aujourd'hui, cette métaphore persane résonne comme un avertissement direct, visant particulièrement certains acteurs irakiens qui disposent encore de « crocs » ou, du moins, de « griffes ». Ce rappel historique en écho au passé n'est pas isolé. Il ravive le souvenir d'une autre recommandation historique, elle aussi formulée sous forme d'allégorie, adressée à l'époque par le « Saint Martyr » à l'ancien Premier ministre libanais. Il y évoquait alors le poignard d'Esmeralda dans Notre-Dame.
Le message de Téhéran est limpide : dans l'arène internationale, la naïveté se paie au prix fort. À bon entendeur, salut.

https://www.facebook.com/reel/1413018873919675