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Opinion Libre

JUSTICE AU TCHAD – Affaire Abdoulaye Miskine : une procédure à enjeux régionaux et une chronologie contestée

Samedi 5 Septembre 2026

 
Au Tchad, une étape judiciaire majeure s’annonce dans un dossier qui attire l’attention bien au‑delà des frontières nationales. L’affaire Abdoulaye Miskine, figure militaire connue dans les crises centrafricaines, revient devant la justice dans un climat où les attentes sont fortes : celles d’un procès enfin mené à terme, d’une clarification des faits et d’un examen rigoureux d’une chronologie longtemps contestée.
Cette audience, très attendue par les observateurs régionaux, les défenseurs des droits humains et les acteurs politiques, pourrait contribuer à une meilleure compréhension des dynamiques sécuritaires en Afrique centrale et offrir une occasion de rétablir des faits souvent brouillés par une décennie de conflits.
 
La première chambre criminelle du tribunal de grande instance de N’Djamena examinera, le 24 août 2026, le dossier de Martin Koumtamadji, alias Abdoulaye Miskine.
L’affaire, enregistrée sous le numéro 093/22, implique quatre prévenus : Abdoulaye Miskine, Adoum Rakhis, Ringo Djouma et Abdel-Aziz Gros.
L’État tchadien s’est constitué partie civile.
 
Les charges portent sur des faits présumés liés à des mouvements insurrectionnels, des enlèvements, des séquestrations, des sévices graves, des assassinats, des viols et des extorsions de biens.
Arrêté à N’Djamena en novembre 2019, Abdoulaye Miskine est détenu depuis plus de six ans sans jugement définitif. Plusieurs reports ont marqué la procédure, tandis que ses avocats et sa famille expriment des inquiétudes concernant son état de santé.
 
L’audience du 24 août constitue une nouvelle étape dans un dossier aux ramifications régionales, en lien avec les années de conflit en République centrafricaine et la trajectoire du FDPC.
 
Un point central du débat concerne la chronologie des faits.
En 2003, Abdoulaye Miskine se trouvait officiellement en exil au Togo, avant de rejoindre Khartoum en 2006. Cette période soulève une interrogation majeure : comment aurait-il pu, la même année, être présent en République centrafricaine pour y commettre les exactions et l’extorsion de 18 millions de FCFA qui lui sont reprochées ?
 
Selon plusieurs sources proches du dossier, les tensions majeures autour du général Miskine émergent en 2013, lorsqu’il aurait refusé l’islamisation radicale de la Centrafrique au sein de la coalition Séléka.
Ce refus aurait entraîné une rupture avec certains de ses anciens alliés, avant de devenir un point de friction politique et militaire.
Ces mêmes sources estiment que cette divergence idéologique aurait contribué à son isolement, puis à son arrestation au Tchad, tandis que d’autres accusations — notamment des exactions — lui auraient été imputées dans un contexte de guerre où les responsabilités sont souvent difficiles à établir.
 
Les prévenus demeurent présumés innocents tant qu’aucune décision de justice définitive n’a établi leur culpabilité.
 
Par la Rédaction Charilogone