L’Iran, soucieux d’éviter toute ambiguïté dans l’interprétation du mémorandum irano-américain, a imposé un protocole strict pour sa signature. Selon le correspondant de France 24 à Téhéran, Siavosh Ghazi, les autorités iraniennes ont exigé que les deux présidents signent séparément les documents, mais dans un ordre précis. Le président Donald Trump devait apposer sa signature en premier et transmettre une vidéo de cet acte officiel aux responsables iraniens. Ce n’est qu’après réception de cette preuve que le président Massoud Pezechkian devait procéder à son tour à la signature.
Cette exigence traduit la volonté de l’Iran de garantir la transparence et de s’assurer que l’engagement américain soit irréversible avant de s’engager lui-même. Elle reflète aussi une méfiance persistante vis-à-vis de Washington, nourrie par l’histoire des accords passés et des ruptures unilatérales. En conditionnant la séquence des signatures, Téhéran cherche à démontrer à ses institutions internes et à ses alliés du Front de résistance que l’accord n’est pas une concession, mais un compromis équilibré où l’Iran conserve l’initiative et la maîtrise du processus.
Ce protocole minutieux a une portée symbolique. Il montre que l’Iran entend préserver sa dignité nationale et son influence régionale, tout en ouvrant la voie à une détente diplomatique. Le geste de Trump, filmé et transmis, devient ainsi une garantie politique et psychologique pour rassurer les courants conservateurs et sécuritaires iraniens. Quant à Pezechkian, sa signature en second illustre la stratégie iranienne, accepter l’ouverture, mais uniquement après avoir obtenu des preuves tangibles de l’engagement américain.
Ramy Haroun
Analyste, chercheur associé au CEDPE

