Connectez-vous S'inscrire
Menu
www.centrerecherche.com
Siège : N'Djamena, Tchad
E-mail : yacoubahmat@aol.com
Ensemble contre les conflits et pour la paix

Actualité

L’Iran refuse l’inspection par l’AIEA de ses sites nucléaires

Mercredi 24 Juin 2026

Quel est l'état réel des stocks d'uranium enrichi de l'Iran après plus de cent jours de guerre et de frappes contre ses installations nucléaires ?



 La réponse demeure aujourd'hui l'une des plus grandes inconnues stratégiques du Moyen-Orient.
Avant les bombardements américains et israéliens, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) estimait que l'Iran disposait d'environ 440 kg d'uranium enrichi à 60 %, un niveau très proche du seuil militaire. Une partie importante de ce stock était notamment conservée sur le site d'Ispahan.
Depuis le début de la guerre, les inspecteurs de l'AIEA n'ont plus eu un accès normal aux installations sensibles iraniennes. Les frappes ont certes endommagé ou détruit plusieurs infrastructures nucléaires, mais elles n'ont pas permis de vérifier le sort exact des matières fissiles déjà produites. La question centrale n'est donc plus seulement l'état des centrifugeuses, mais la localisation de l'uranium enrichi lui-même.
Cette incertitude explique les déclarations contradictoires observées ces derniers jours. Donald Trump affirme que Téhéran a accepté le retour des inspections nucléaires internationales et que celles-ci pourront vérifier les stocks existants. Les autorités iraniennes démentent cependant avoir donné leur accord à une reprise immédiate des inspections, affirmant que toute visite de l'AIEA dépendra d'un accord définitif et de garanties politiques préalables.
Pour le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, les inspections finiront néanmoins par avoir lieu, car elles figurent dans le mémorandum d'entente conclu entre Washington et Téhéran. Mais tant que les inspecteurs n'auront pas pu accéder aux sites concernés, personne ne pourra confirmer si les stocks ont été détruits, dispersés, déplacés vers des installations souterraines inconnues ou simplement mis à l'abri avant les frappes.
Ainsi, plus de cent jours après le début du conflit, la véritable question n'est plus de savoir si les installations nucléaires iraniennes ont subi des dégâts importants, elles en ont subi, mais de savoir où se trouvent les centaines de kilogrammes d'uranium hautement enrichi accumulés par l'Iran avant la guerre. Tant que l'AIEA ne pourra pas mener des inspections complètes, aucune estimation sérieuse ne pourra être considérée comme définitive.
 
Si l’Iran refuse l’inspection de ses sites, c’est parce qu’il n’a pas oublié ce qui est arrivé à Saddam Hussein et Ghadafi. Il considère que l’AIEA est un moyen d'infiltration qui livre aux États-Unis tous les détails stratégiques des sites nucléaires, ce qui facilite le démantèlement du régime.
 
En d'autres termes, le programme nucléaire iranien est aujourd'hui moins visible qu'avant la guerre. Les bombardements ont peut-être détruit des infrastructures, mais l'absence de vérification internationale entretient un brouillard stratégique qui nourrit aussi bien les inquiétudes occidentales que les spéculations iraniennes.
 
Par Sarah H. Ramy
Analyste, chercheure associée au CEDPE

Sources exploitées
iaea.org
CBS News
AP News
Reuters
euronews
Sahel7
www.centrerecherche.com