D'après des propos attribués au vice-président américain J.D. Vance, les États du Golfe pourraient être appelés à contribuer au financement de la reconstruction de l'Iran après les dommages causés par les récentes confrontations. Il aurait estimé que les Etats du golfe vont verser 300 milliards de dollars. Aucune annonce officielle n'a toutefois confirmé à ce stade les modalités ou le montant d'un éventuel mécanisme de financement.
Dans le même temps, le politologue iranien Moussa Moussaoui a affirmé sur une chaîne de télévision iranienne que Téhéran entendrait réclamer aux États-Unis des réparations comprises entre 600 et 1 000 milliards de dollars pour l'ensemble des préjudices subis au cours des dernières décennies. Selon lui, une somme de 300 milliards de dollars ne représenterait qu'une première tranche des compensations exigées. Il estime que Washington devrait assumer la responsabilité des destructions directes et indirectes imputées aux politiques américaines à l'égard de l'Iran.
Concernant le détroit d'Ormuz, Moussaoui a également soutenu que les États-Unis auraient finalement renoncé à toute remise en cause du rôle régional de l'Iran dans cette voie maritime stratégique. Selon son analyse, la gestion sécuritaire du détroit pourrait continuer à relever principalement de l'Iran et d'Oman, avec la possibilité de mettre en place certains mécanismes financiers liés aux services de navigation et de sécurité maritime. Cette interprétation n'a toutefois pas été confirmée officiellement par Washington.
Sur le dossier libanais, plusieurs observateurs proches de Téhéran estiment que les discussions régionales en cours pourraient également avoir des répercussions sur la situation au Liban. Certains avancent même que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aurait fini par accepter certains éléments d'un accord plus large visant à réduire les tensions régionales. Là encore, ces informations demandent à être vérifiées à travers des annonces officielles des parties concernées.
Au-delà de la véracité de chacune de ces affirmations, une chose apparaît clairement : l'Iran cherche à présenter l'issue de la crise comme une victoire non seulement militaire, mais aussi diplomatique et économique. De son côté, l'administration américaine semble privilégier une stratégie visant à éviter une nouvelle escalade dans une région où les coûts humains, financiers et géopolitiques d'un conflit prolongé seraient considérables pour l'ensemble des acteurs concernés.
Il faut dire que chaque camp tente de convaincre son opinion publique et ses partenaires qu'il sort renforcé de la crise, tandis que les négociations sur les questions de sécurité, de reconstruction et d'influence régionale se poursuivent en coulisses.
Sarah H. Salmane
Analyste, chercheure associée au CEDPE


