Des informations font état de la livraison de 500 véhicules blindés de l'Arabie saoudite aux Forces armées soudanaises (FAS) du général Al-Burhan. Cette décision intervient en réponse directe à l'engagement militaire des Émirats arabes unis en faveur des Forces de soutien rapide (FSR), auxquelles Abou Dhabi aurait acheminé, selon des sources concordantes, plus de 300 blindés, un convoi de plus de 800 véhicules armés, dont 300 blindés, filmé la première fois à Al-Koufrah en novembre 2025, se dirigeant vers le Darfour. Les véhicules étant équipés de mitrailleuses lourdes. Puis, d'autres vidéos filmées par des miliciens des FSR, circulent sur le réseaux sociaux depuis le 20 mai 2026.
Le conflit soudanais, déclenché en avril 2023, s'est progressivement mué en un théâtre d'affrontement indirect entre deux puissances du Golfe. Les Émirats arabes unis ont tissé des liens étroits avec les FSR au fil des années, entretenant notamment des intérêts économiques liés au contrôle de l'or soudanais. Les tensions entre Riyad et Abou Dhabi, déjà manifestes au Yémen fin 2025, où l'Arabie saoudite a frappé des forces soutenues par les Émirats, ont des répercussions directes sur le conflit soudanais, l'armée régulière bénéficiant désormais d'un soutien politique accru de la part de certains pays de la région.
Du côté saoudien, le rapprochement avec Khartoum se précise. En avril 2026, le général Al-Burhan s'est rendu à Djeddah où il a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane. Les deux parties ont souligné lors de cet entretien l'importance de garantir la sécurité, la stabilité et l'intégrité territoriale du Soudan. L'Arabie saoudite, longtemps présentée comme un médiateur neutre aux côtés des États-Unis, semble ainsi progressivement sortir de sa réserve.
Un pays dévasté, pris en étau. Depuis avril 2023, cette guerre fratricide a fait des dizaines de milliers de morts et contraint plus de dix millions de personnes à fuir leurs foyers. Le conflit, loin de demeurer strictement interne, s'est transformé en un carrefour où convergent intérêts régionaux et réseaux de fourniture d'armes, faisant peser une menace croissante qui dépasse largement les frontières du pays et touche la sécurité de la mer Rouge, de la Corne de l'Afrique et au-delà.
Le peuple soudanais, lui, paie le prix fort d'une guerre dans laquelle les grandes puissances régionales ont choisi leur camp, au mépris des appels répétés de l'ONU à cesser toute ingérence extérieure.
Par Sarah H. Salmane


