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Sahel : Les groupes terroristes se réorganisent

Mardi 30 Avril 2019

Abou Oussama serait secondé par Abou Yahya, «jeune frère» de Abou Zeid, éliminé en 2013 au Mali, lors du lancement de l’opération «Serval». Amadou Kouffa, émir de la katiba du Macina et troisième du GSIM a, quant à lui, échappé au raid français qui le visait dans le centre du Mali. Le chef terroriste peul est apparu dans une nouvelle vidéo du GSIM et a démenti sa propre mort.


Le chef de l’armée nigériane, le général Tukur Buratai, a mis en garde la semaine dernière «contre un regroupement des deux factions de Boko Haram pour créer une enclave terroriste qui s’étendrait du nord-est du Nigeria à la région du lac Tchad».

Malgré le nombre important de pays africains et étrangers impliqués dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, les groupes extrémistes locaux parviennent toujours à passer entre les mailles du filet et à perpétrer des attentats. Les attaques terroristes y sont en effet aussi fréquentes que spectaculaires.

Les groupes terroristes semblent s’être adaptés à la nouvelle donne militaire et sécuritaire qui caractérise la région. Leur redéploiement a eu pour effet de redessiner la carte terroriste dans cette partie de l’Afrique. Le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Nigeria sont devenus les cibles privilégiées des terroristes.

Pris carrément en étau entre l’Etat islamique dans le grand Sahara (EIGS) dirigé par Adnane Abou Walid Al Sahraoui et Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) de Iyad Ag Ghali, le Burkina Faso est actuellement le pays qui souffre le plus du phénomène du terrorisme.

Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans que n’y soit enregistré un attentat ou une attaque. Dimanche, le mitraillage d’une église protestante dans la province du Soum, dans le nord du Burkina Faso, par «des individus armés» a fait 6 morts, dont un pasteur. Il s’agit du premier attentat contre une église depuis 2015, date des premières attaques terroristes dans le pays.

Les religieux ciblés

Deux jours auparavant, six personnes, dont cinq enseignants, ont été tuées à Maïtaougou, localité située dans la province du Koulpélogo, dans la région est. Les attaques ciblent régulièrement des responsables religieux, dont des pasteurs et des imams. Elles ont fait depuis 2015 près de 400 morts.

Les deux groupes terroristes mènent régulièrement des raids contre les forces de sécurités burkinabés. Au Mali voisin, la situation n’est pas meilleure, puisque, le 21 avril, deux attaques du GSIM contre deux bases militaires maliennes se trouvant près de la frontière avec la Mauritanie ont fait 12 morts.

Non loin de là, au Nigeria, Boko Haram continue à faire des victimes par dizaines, en dépit de l’annonce par Abuja de la défaite militaire du groupe terroriste.

Cinq soldats ont été tués et une trentaine d’autres sont portés disparus après l’attaque, vendredi, d’une base militaire située dans l’Etat du Borno (nord-est) par ce qui est considéré aujourd’hui comme la «filiale ouest-africaine» de l’Etat islamique.

Plus de 27 000 personnes sont mortes depuis le début du soulèvement de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, en 2009, et 1,8 million d’autres ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers.

Le groupe, rappelle-t-on, opère aussi dans les autres pays de la zone du lac Tchad (Tchad, Cameroun, Niger). La presse ouest-africaine indique à ce propos que le chef de l’armée nigériane, le général Tukur Buratai, a mis en garde la semaine dernière «contre un regroupement des deux factions de Boko Haram pour créer une enclave terroriste, qui s’étendrait du nord-est du Nigeria à la région du lac Tchad».

Nouvelle carte terroriste

Du côté du GSIM, des médias mauritaniens annoncent que le groupe terroriste a désigné Abou Oussama comme émir de la katiba Al Fourqan en remplacement de Abou El Himam, qui aurait été tué en février dernier au Mali par des unités de la force Barkhane.

Abou Oussama serait secondé par Abou Yahya, «jeune frère» de Abou Zeid, éliminé en 2013 au Mali, lors du lancement de l’opération «Serval». Amadou Kouffa, émir de la katiba du Macina et troisième du GSIM a, quant à lui, échappé au raid français qui le visait dans le centre du Mali. Le chef terroriste peul est apparu dans une nouvelle vidéo du GSIM et a démenti sa propre mort.

Pour desserrer l’étreinte des terroristes, le président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, aurait décidé de prendre langue avec le GISM et l’EIGS. D’après Africa Intelligence, repris par le site burkinabé Lefaso.net, Ouagadougou mènerait actuellement des négociations avec certains chefs terroristes.

L’objectif de la démarche, explique la même source, est de «négocier un statu quo avec les combattants», ajoutant que certains chefs terroristes auraient été reçus au Kosyam (palais de la Présidence à Ouagadougou), dans la première semaine de mars.

Par Zine Cherfaoui
Publié sur le site de Elwatan


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