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Ensemble contre les conflits et pour la paix

Sous la loupe

Un rapport de l'ONU met en évidence une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire au Tchad (+40%)

Vendredi 17 Juillet 2026

Il faut admettre que la junte au pouvoir a obtenu certains résultats dans le domaine de la sécurité militaire et de la stabilité institutionnelle, mais les violences intercommunautaires, les déplacements de populations et l'affaiblissement des mécanismes de médiation montrent que la paix sociale reste fragile.


Conflit -Assounga
Conflit -Assounga
 
Le dernier rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) met en évidence une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire au Tchad. Selon les données publiées, 35 conflits inter et intracommunautaires ont été recensés entre janvier et juin 2026, contre 25 au cours de la même période en 2025, soit une augmentation de 40 %.
 
Ces chiffres traduisent une montée des tensions locales, alimentées notamment par les différends liés à l'accès aux ressources naturelles, aux terres, à l'eau, aux déplacements de populations et aux effets du changement climatique. Ils soulignent également les difficultés persistantes à prévenir et à contenir les violences communautaires dans plusieurs provinces du pays.
 
Sur le plan politique, ce constat constitue un sérieux défi pour les autorités tchadiennes. Le gouvernement de Mahamat Idriss Déby a fait de la restauration de la sécurité et de la stabilité nationale l'une de ses priorités. L'augmentation du nombre de conflits communautaires suggère toutefois que les mécanismes de prévention, de médiation et de gestion des crises locales restent insuffisants face à l'ampleur des défis.
 
Si ces tendances se confirment, elles pourraient fragiliser davantage la cohésion sociale et compliquer les efforts de développement, alors même que le Tchad est confronté à des crises régionales, à un afflux de réfugiés soudanais et à une forte pression sur ses ressources.
"Ces tendances soulignent l’urgence de renforcer les dispositifs de prévention des conflits, d’associer davantage les autorités locales, les chefs traditionnels et la société civile, et de s’attaquer aux causes profondes des tensions plutôt qu’à leurs simples conséquences. Malheureusement, la junte au pouvoir au Tchad refuse encore de fournir les moyens nécessaires aux structures locales de gestion des conflits, notamment à la Médiature de la République, pour qu’elles puissent remplir pleinement leurs missions".
Il faut admettre que la junte au pouvoir a obtenu certains résultats dans le domaine de la sécurité militaire et de la stabilité institutionnelle, mais les violences intercommunautaires, les déplacements de populations et l'affaiblissement des mécanismes de médiation montrent que la paix sociale reste fragile. La sécurité durable ne dépend pas seulement de la force militaire ; elle exige également la justice, la médiation, le développement local, la gestion équitable des ressources et la confiance entre l'État et les citoyens.
Recrudescence préoccupante des conflits communautaires au Tchad

Sara H. Salmane
Analyste, Chercheure associée au CEDPE
Sahel7
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