Les tensions autour du détroit d'Ormuz remettent une nouvelle fois au premier plan une question essentielle, celle de la liberté de navigation et du respect de la souveraineté des États. Alors que l'Iran évoque la possibilité d'exercer un contrôle accru sur le passage dans le détroit d'Ormuz, et que la Turquie applique depuis longtemps les dispositions de la Convention de Montreux concernant les détroits du Bosphore et des Dardanelles, le débat sur la gouvernance des voies maritimes stratégiques reste d'actualité.
Le droit international, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, reconnaît dans de nombreux cas un droit de passage à travers les détroits utilisés pour la navigation internationale. Trump doit comprendre que les différends relatifs à ces passages devraient être réglés par le dialogue, la négociation et les mécanismes diplomatiques, plutôt que par le recours à la force.
Dans ce contexte, les États-Unis sont souvent accusés par leurs détracteurs d'adopter une politique étrangère interventionniste.
Pour beaucoup, une grande puissance devrait privilégier la médiation, la prévention des conflits et la recherche de solutions politiques plutôt que l'escalade militaire. Ces critiques s’accompagnent aussi de questions sur le coût des interventions armées (40 milliards de dollars pour la guerre contre l’Iran), alors que les organisations humanitaires peinent à réunir les moyens nécessaires pour faire face aux crises majeures qui perdurent dans plusieurs régions du monde et que des millions d’enfants souffrent de malnutrition. MS. Abdelsalam analyste, chercheur.
Par ailleurs, les réactions observées dans les médias et sur les réseaux sociaux montrent que l'opinion publique internationale est loin d'être homogène. De nombreuses personnes, quelles que soient leurs convictions religieuses ou philosophiques, expriment leur opposition à la guerre américaine au Moyen-Orient. Cette opposition ne traduit pas nécessairement un soutien au gouvernement iranien, mais souvent une inquiétude face à la politique interventionniste américaine, au risque d'une escalade régionale et au recours à la force comme instrument de politique internationale.
Pour certains analystes, ces évolutions pourraient être l’occasion d’accélérer la transition vers un système international davantage multipolaire, dans lequel plusieurs grandes puissances, notamment la Chine, la Russie, l'Union européenne et d'autres acteurs émergents, exerceraient une influence plus équilibrée. Les partisans de cette vision estiment qu'un tel équilibre pourrait favoriser davantage de concertation et limiter les décisions unilatérales qui entraînent des enlèvements ou des assassinats des chefs d’état en fonction, ou qui déstabilisent des régions entières. Sarah H. Salmane, analyste, chercheure.
A l'inverse, d'autres observateurs soulignent qu'un monde multipolaire n'est pas nécessairement plus stable et qu'il peut aussi accroître les rivalités entre puissances. L'enjeu principal demeure donc de renforcer les institutions internationales, le respect du droit international et les mécanismes de règlement pacifique des différends.
En définitive, quelle que soit l'évolution de l'ordre mondial, une conviction demeure largement partagée : la stabilité internationale repose davantage sur le dialogue, le respect de la souveraineté des États et la coopération que sur la confrontation militaire. Un ordre international durable exige que les grandes puissances, comme les autres États, agissent dans le cadre du droit international et privilégient les solutions diplomatiques aux conflits.
Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Expert en gestion de conflits
Président du CEDPE
Sahel7
www.centrerecherhe. com
En définitive, quelle que soit l'évolution de l'ordre mondial, une conviction demeure largement partagée : la stabilité internationale repose davantage sur le dialogue, le respect de la souveraineté des États et la coopération que sur la confrontation militaire. Un ordre international durable exige que les grandes puissances, comme les autres États, agissent dans le cadre du droit international et privilégient les solutions diplomatiques aux conflits.
Dr. Ahmat Yacoub Dabio
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