L'attaque d'Am-Dafok (30 juin 2026) a été menée par une coalition incluant des combattants du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Noureddine Adam et d'autres factions (MDRPC, éléments venus du Soudan), avec, selon plusieurs sources, l'appui d'éléments des Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises basés de l'autre côté de la frontière. Cette coalition a pris pour cible cette localité du nord-est du pays. Jeune Afrique rattache l'opération à une nouvelle coalition, l'Alliance du sursaut patriotique (ASP), regroupant Adam, Hemetti (chef des FSR) et Meckassoua. L'attaque bénéficie de soutiens au Soudan et de relais en France. La riposte est venue des FACA appuyées par la Minusca et les Russes (Wagner/Africa Corps).
Pour qui roule Nouradine Adam ? Aujourd'hui, le Tchad, le Soudan, Le Émirats, la France et l’Ukraine sont doigtés. Et des sources sérieuses (Jeune Afrique, ONU, ONG) documentent surtout ses liens historiques et logistiques avec le Tchad (bases arrière, trafic transfrontalier) et son ancrage dans les réseaux du Soudan/FSR. L'article de La Tribune Internationale, affirmant qu'il agirait pour le compte de la France dans un complot contre les intérêts russo-centrafricains liés à l'uranium. La Tribune Internationale est un média très engagé, à la tonalité complotiste et anti-française.
Ses revendications? Dans un entretien à Jeune Afrique (période CPC), Adam formulait ainsi les objectifs de son camp. Il s'agit de rétablir la sécurité sur l'ensemble du territoire, restaurer la souveraineté de l'État à l'intérieur des frontières et sur l'ensemble de ses ressources naturelles et économiques, garantir à chaque citoyen la liberté d'aller et de venir sans entrave, se livrer à ses activités économiques, en somme développer le pays. En pratique, ses groupes ont aussi cherché des postes politiques et militaires, le contrôle de zones minières (diamants, or) et, par le passé, sont allés jusqu'à proclamer une "République autonome" dans le nord-est en 2015.
Né en 1970 à Ndélé, dans le Bamingui-Bangoran (nord-est centrafricain), Noureddine Adam est un chef rebelle centrafricain. Fils d'un imam du quartier Miskine à Bangui, d'ethnie rounga et de confession musulmane. Sa mère étant originaire du Tchad (Ouaddaï), une région frontalière du Soudan.
Sa formation. Après des séjours au Soudan, il est diplômé de l'académie de Police du Caire dans les années 1990. Il aurait ensuite suivi une formation par les forces spéciales israéliennes pendant six mois, avant d'être affecté à Bangui à l'Office central de répression du banditisme (OCRB).
Il a ensuite travaillé pour les monarchies du Golfe : il rejoint en 2003 la sécurité de l'émir d'Abou Dabi, Cheikh Zayed, puis fonde en 2007 une entreprise de sécurité, toujours aux Émirats arabes unis. Une autre source évoque même deux ans comme garde du corps du roi Fahd d'Arabie saoudite. Il rentre en Centrafrique fin 2008/2009 et s'engage dans la rébellion (CPJP), devenant numéro deux de la Séléka en 2012-2013, puis fondateur du FPRC en 2014. Ses relations avec les autorités tchadiennes et soudanaises lui ont permis de trafiquer des armes et ressources naturelles notamment or et diamants de la Centrafrique, et selon l'ONU, sans l'assistance de Noureddine et sa relation étroite avec les forces spéciales tchadiennes, la Séléka n'aurait probablement pas pu s'emparer du pouvoir. Il est sous sanctions de l'ONU depuis 2014 et visé par un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre (annoncé en 2022).
MS. Abdelsalam
Analyste, chercheur associé au CEDPE
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