Invités par le chef de la junte tchadienne à participer au Forum de l’eau de N’Djamena, les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) n’affichent guère d’enthousiasme. Leur prudence s’explique par un contexte géopolitique marqué par la méfiance. le Tchad vient de réactiver ses relations avec la France, autorisant le retour d’un contingent militaire français sur son territoire.
Cette décision du maréchal Mahamat Idriss Déby est perçue par les régimes de l’AES comme une confirmation de l’ombre persistante de Paris dans les affaires régionales. Pour eux, la France reste associée à leurs malheurs (interventions militaires, pressions diplomatiques et influence politique jugée néfaste). Dans ce climat, l’invitation au Forum de l’eau, censée être un espace de coopération technique et de dialogue sur un enjeu vital, prend une dimension éminemment politique.
Les dirigeants de l’AES redoutent que leur participation soit interprétée comme une caution implicite au rapprochement entre N’Djamena et Paris. Ils craignent également que ce forum devienne une vitrine diplomatique pour le chef de la junte le maréchal Déby, renforçant son image de partenaire privilégié de la France au Sahel.
Ainsi, derrière un événement consacré à la gestion de l’eau, ressource stratégique et rare dans la région, se joue une bataille d’influence, d’un côté, le Tchad qui cherche à consolider ses alliances internationales ; de l’autre, l’AES qui revendique une rupture nette avec l’ancienne puissance coloniale et qui voit dans ce rapprochement un obstacle à son projet d’autonomie régionale.
MS. Abdelsalam
Analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel7
www.centrerecherche.com
Cette décision du maréchal Mahamat Idriss Déby est perçue par les régimes de l’AES comme une confirmation de l’ombre persistante de Paris dans les affaires régionales. Pour eux, la France reste associée à leurs malheurs (interventions militaires, pressions diplomatiques et influence politique jugée néfaste). Dans ce climat, l’invitation au Forum de l’eau, censée être un espace de coopération technique et de dialogue sur un enjeu vital, prend une dimension éminemment politique.
Les dirigeants de l’AES redoutent que leur participation soit interprétée comme une caution implicite au rapprochement entre N’Djamena et Paris. Ils craignent également que ce forum devienne une vitrine diplomatique pour le chef de la junte le maréchal Déby, renforçant son image de partenaire privilégié de la France au Sahel.
Ainsi, derrière un événement consacré à la gestion de l’eau, ressource stratégique et rare dans la région, se joue une bataille d’influence, d’un côté, le Tchad qui cherche à consolider ses alliances internationales ; de l’autre, l’AES qui revendique une rupture nette avec l’ancienne puissance coloniale et qui voit dans ce rapprochement un obstacle à son projet d’autonomie régionale.
Il convient de rappeler que le taux national d'accès à l'eau potable au Tchad s'établit officiellement à 63,5 %. À N’Djaména, la couverture varie considérablement d'un quartier à un autre, oscillant entre 30 % et 80 %, le centre bénéficiant des réseaux de la Société Tchadienne des Eaux tandis que certaines zones périphériques font face à de fortes pénuries.
Ces moyennes nationales et urbaines cachent de fortes disparités territoriales :
- En milieu rural, l'accès oscille entre 15 % et 50 % selon les provinces.
- Le pays a déployé des efforts pour améliorer les infrastructures avec la mise en place de châteaux d'eau et de stations solaires, mais près de 40 % de la population globale reste confrontée au défi d'un accès constant à une source d'eau potable.
Analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel7
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