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Sous la loupe

Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes

Lundi 2 Novembre 2026


Sarah H. Salmane
Analyste, chercheure associée au CEDPE
Sahel7, www.centrerecherche.com


 
En ce 2 novembre, le monde entier observe la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. Mais aujourd'hui, braquons les projecteurs là où le courage se paie trop souvent au prix fort : ici, en Afrique.
Faire de la radio, écrire un article, révéler une affaire de corruption ou documenter un conflit. En théorie, c'est informer. En Afrique, c'est parfois une condamnation à mort.
 
Du Sahel à la région des Grands Lacs, de la Corne de l'Afrique aux capitales d'Afrique centrale, les chiffres de l'UNESCO donnent le vertige. Des dizaines de confrères et consœurs ont été traqués, emprisonnés ou assassinés ces dernières années. Et le plus tragique, ce ne sont pas seulement ces vies fauchées. C'est le silence de plomb qui s'installe après.
Dans près de neuf cas sur dix, les commanditaires de ces crimes courent toujours. L'impunité n'est pas une simple absence de sanction ; c’est un permis de tuer. C'est un message envoyé à toute la profession : « Taisez-vous, ou vous serez les prochains. »
 
Pourtant, la liberté de la presse est le système immunitaire de nos démocraties africaines. Sans journalistes libres, comment dénoncer les abus de pouvoir ? Comment donner la parole aux sans-voix ? Comment bâtir des sociétés transparentes et justes ? Tuer un journaliste, c’est assassiner le droit de savoir de tout un peuple.
 
En ce 2 novembre 2026, nous ne demandons pas de faveurs. Nous exigeons de nos gouvernements des actes. Des enquêtes indépendantes. Des procès justes. Il faut que la peur change de camp.
Rendons hommage à ceux qui ont payé le prix ultime pour que la vérité éclate. Ne les oublions pas. Car faire taire un journaliste ne fera jamais taire l'histoire.
Bonne écoute sur nos antennes, et restons debout.