L'Afrique doit surtout choisir ses propres intérêts. Elle doit pouvoir coopérer avec la Russie sans devenir un instrument de la politique russe. Elle doit pouvoir coopérer avec l'Europe sans redevenir dépendante de l'Europe. Elle doit pouvoir coopérer avec la Chine, la Turquie, les États-Unis ou les pays du Golfe sans devenir un terrain de compétition entre ces puissances.
La véritable souveraineté ne consiste pas simplement à changer de partenaire. Elle consiste à avoir la capacité de choisir ses partenaires en fonction de ses propres intérêts nationaux et de refuser que son territoire serve de champ de bataille aux autres. C’est pourquoi, il appartient à l’Afrique de sortir de la logique des guerres par procuration. La communauté internationale doit également revoir son approche. Il ne suffit plus de condamner les conflits lorsqu'ils éclatent. Il faut s'attaquer aux réseaux qui les alimentent (financement, trafic d'armes, recrutement de mercenaires, soutien militaire clandestin, exploitation illégale des ressources et instrumentalisation des groupes armés).
Il faut également renforcer les mécanismes africains de médiation et donner davantage de place aux organisations régionales et aux acteurs locaux comme la société civile et surtout les structures d’études et de recherche.
Car chaque fois qu'un conflit africain devient une confrontation entre puissances étrangères, les possibilités de médiation deviennent plus difficiles.
La guerre russo-ukrainienne a déjà produit des conséquences mondiales (hausse des prix des céréales, perturbation des chaînes d'approvisionnement, tensions énergétiques et conséquences économiques importantes pour de nombreux pays africains). Mais il existe un danger plus profond : que certains conflits africains deviennent progressivement des extensions indirectes de la confrontation géopolitique entre Moscou et Kiev. Ce serait une tragédie pour un continent qui connaît déjà suffisamment de guerres pour ne pas avoir besoin d'en importer de nouvelles.
La Russie et l'Ukraine ont leurs propres intérêts et leurs propres priorités. Les Africains ont également les leurs.
Le Soudan n'est pas l'Ukraine. Le Mali n'est pas le Donbass. Le Niger n'est pas un champ de bataille russe. Le Burkina Faso n'est pas une frontière de la guerre européenne. Ce sont des pays, des sociétés et des peuples qui ont le droit de régler leurs propres crises.
La communauté internationale devrait donc faire tout son possible pour empêcher que l'Afrique ne devienne le nouveau terrain de confrontation des puissances.
Derrière les cartes militaires, les alliances et les stratégies géopolitiques, il y a des millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui veulent simplement vivre en paix. L’une des priorités reste l’ouverture et le dialogue. Il n’y a rien de honteux à discuter avec l’ennemi pour trouver une issue. Sur ce point, nous sommes encore trop fermés en Afrique.
MS. Abdelsalam
Analyste, chercheur associé au CEDPE
SAhel7 www.centrerecherche.com
La véritable souveraineté ne consiste pas simplement à changer de partenaire. Elle consiste à avoir la capacité de choisir ses partenaires en fonction de ses propres intérêts nationaux et de refuser que son territoire serve de champ de bataille aux autres. C’est pourquoi, il appartient à l’Afrique de sortir de la logique des guerres par procuration. La communauté internationale doit également revoir son approche. Il ne suffit plus de condamner les conflits lorsqu'ils éclatent. Il faut s'attaquer aux réseaux qui les alimentent (financement, trafic d'armes, recrutement de mercenaires, soutien militaire clandestin, exploitation illégale des ressources et instrumentalisation des groupes armés).
Il faut également renforcer les mécanismes africains de médiation et donner davantage de place aux organisations régionales et aux acteurs locaux comme la société civile et surtout les structures d’études et de recherche.
Car chaque fois qu'un conflit africain devient une confrontation entre puissances étrangères, les possibilités de médiation deviennent plus difficiles.
La guerre russo-ukrainienne a déjà produit des conséquences mondiales (hausse des prix des céréales, perturbation des chaînes d'approvisionnement, tensions énergétiques et conséquences économiques importantes pour de nombreux pays africains). Mais il existe un danger plus profond : que certains conflits africains deviennent progressivement des extensions indirectes de la confrontation géopolitique entre Moscou et Kiev. Ce serait une tragédie pour un continent qui connaît déjà suffisamment de guerres pour ne pas avoir besoin d'en importer de nouvelles.
La Russie et l'Ukraine ont leurs propres intérêts et leurs propres priorités. Les Africains ont également les leurs.
Le Soudan n'est pas l'Ukraine. Le Mali n'est pas le Donbass. Le Niger n'est pas un champ de bataille russe. Le Burkina Faso n'est pas une frontière de la guerre européenne. Ce sont des pays, des sociétés et des peuples qui ont le droit de régler leurs propres crises.
La communauté internationale devrait donc faire tout son possible pour empêcher que l'Afrique ne devienne le nouveau terrain de confrontation des puissances.
Derrière les cartes militaires, les alliances et les stratégies géopolitiques, il y a des millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui veulent simplement vivre en paix. L’une des priorités reste l’ouverture et le dialogue. Il n’y a rien de honteux à discuter avec l’ennemi pour trouver une issue. Sur ce point, nous sommes encore trop fermés en Afrique.
MS. Abdelsalam
Analyste, chercheur associé au CEDPE
SAhel7 www.centrerecherche.com

