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L'Éthiopie reconnaît son implication et accuse le Soudan de soutenir les tigray

Mercredi 6 Mai 2026

Face à ces signaux, le président du Conseil souverain soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhan, a haussé le ton, avertissant que son pays réagirait fermement si une enquête venait à confirmer l’implication éthiopienne.


Dans un communiqué officiel ( ci-joint), le ministère des Affaires étrangères de l’Éthiopie n’a pas formellement nié son implication dans des frappes contre le Soudan. Au contraire, il a choisi de les justifier en accusant Khartoum de soutenir le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT). Pour Addis-Abeba, un tel appui constituerait une ligne rouge, justifiant une réaction ferme.
Ce positionnement interpelle. Dans une logique diplomatique classique, une telle accusation aurait généralement été précédée d’un démenti clair, suivi d’une dénonciation argumentée. Or, l’Éthiopie semble avoir opté pour une posture plus offensive, assumant une escalade qui dépasse le simple cadre rhétorique.
Dans le même communiqué, Addis-Abeba affirme pourtant qu’il n’existe pas de solution militaire au conflit interne soudanais et appelle les parties à négocier. Cette déclaration, en apparence conciliatrice, peut néanmoins être perçue comme une forme d’injonction implicite : dialoguer, y compris avec les forces dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo, ou s’exposer à une intensification des pressions. Une posture qui s’apparente, aux yeux de certains observateurs, à une ingérence indirecte dans les affaires soudanaises.
 
Face à ces signaux, le président du Conseil souverain soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhan, a haussé le ton, avertissant que son pays réagirait fermement si une enquête venait à confirmer l’implication éthiopienne. Cette mise en garde ouvre la voie à un cycle d’escalade où accusations et représailles risquent de se renforcer mutuellement.
 
Au-delà des déclarations, cette séquence révèle une dynamique préoccupante : l’imbrication des crises internes et des rivalités régionales. Entre soupçons de soutien à des groupes rebelles, interventions indirectes et pressions diplomatiques, la frontière entre conflit interne et confrontation interétatique devient de plus en plus floue dans la Corne de l’Afrique.
 
Dans un tel contexte, le risque n’est pas seulement militaire. Il est aussi politique et stratégique : celui de voir des crises locales se transformer en conflits élargis, alimentés par des logiques de rivalité et de méfiance, au détriment de toute perspective de stabilisation durable.