Les guerres, comme la paix, naissent dans le cœur et l'esprit des Hommes ( UNESCO). La guerre n'est jamais accidentelle. La guerre est un projet, une stratégie, avec ses activités, ses moyens, ses objectifs et ses résultats.
C'est pour éviter les atrocités et les souffrances humaines massives des deux guerres mondiales qu'est née l'Organisation des Nations Unies en 1945. La Charte des Nations Unies se fonde sur trois piliers :
1. La Prévention : la diplomatie préventive et la justice.
2. La Régulation : faire la distinction entre les civils non armés et les combattants, prendre soin des blessés et des prisonniers de guerre, et respecter le Droit International Humanitaire.
3. La Répression : les auteurs et commanditaires de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre et de génocide seront poursuivis par la Cour Pénale Internationale pour répondre de leurs actes devant les justices nationales ou internationales. Tous les crimes de masse sont imprescriptibles.
Je crains que ce qui se passe un peu partout dans le monde — en Asie, en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient — ne soit si dantesque que même l'invocation d'Aristote ne puisse être d'aucun recours pour ceux qui vivent l'enfer sur terre.
Dieu, en qui beaucoup d'entre nous croyons, semble si loin, à des années-lumière, qu'il n'entendrait plus les souffrances et les prières de ces peuples.
Les élites inconscientes et corrompues portent une lourde responsabilité dans le naufrage de leur pays et de leur peuple.
Les scènes de personnes désespérées qui fuient leur pays, abandonnant absolument tout ce qu'elles possédaient, ont fini de convaincre les derniers sceptiques : les guerres, avec leur cortège apocalyptique de malheurs, ne sont rien d'autre qu'un prototype en miniature de l'enfer sur terre.
Espérons que cela servira d'avertissement à ceux des nôtres qui ont exercé le pouvoir, directement ou dans ses coulisses, et qui ont conduit leur pays à être occupé aux trois quarts par des rebelles djihadistes et terroristes. Rien n'empêchera les vieux démons de se réveiller si certains continuent de faire comme si rien ne s'était passé ailleurs en Afrique et sur d'autres continents.
Ce qui tue les pays africains, c'est toujours une élite corrompue qui devient du pain béni pour les djihadistes et les entrepreneurs de l'économie criminelle. Face à une élite corrompue, les djihadistes gagnent immanquablement le cœur des frustrés, du petit peuple qui n'a pas les moyens de soudoyer à droite et à gauche — en somme, la majorité du peuple.
Aujourd'hui, nos enfants( Africains) meurent déjà dans le désert, attirés par le mirage d'une Europe qui s'est construite à la sueur et au courage des hommes ; ils meurent dans les profondeurs de la Méditerranée, dans les zones non gouvernées des villes et des provinces. Ils sont victimes soit de l'ultra-violence des délinquants, soit de bourreaux qui s'attaquent à leurs propres camarades et à leurs enseignants.
Avant de parler de paix mondiale, il faut se prémunir de la violence intérieure par la justice sociale et la sécurité humaine, avant de se prémunir contre des menaces extérieures imaginaires. L'ennemi extérieur n'existe plus ; il a été remplacé par un ennemi intérieur hypothétique qui menacerait les tenants du pouvoir. Car la guerre, cette autre guerre, est déjà là, menée par les narcotrafiquants et les djihadistes.
La vraie guerre consiste à s'attaquer aux causes de la violence — les injustices sociales — et non à ses conséquences.
Le bandage n'a jamais soigné une plaie infectée ; ce sont les produits qu'on y met qui guérissent le mal.
L'addiction à la violence est un piège de thucydide, aucune armée au monde, fût-elle la plus redoutable, n'a réussi, et ne peut arrêter et vaincre un peuple qui a soif de justice sociale et de liberté.
Zako
Chadian Centre for Strategic Studies and Prospective Research
_Think Global and Act Smart_


