Le chef d'état-major adjoint de l'armée soudanaise, le général Yasser Abdelrahman Al-Atta, affirme que le Soudan est la cible d'une « conspiration sioniste » menée par des réseaux clandestins. Selon lui, cette stratégie s'appuierait sur des acteurs régionaux afin d'affaiblir l'État soudanais et son armée.
Depuis le début du conflit, les autorités soudanaises accusent régulièrement les Émirats arabes unis d'apporter un soutien politique, financier et militaire aux Forces de soutien rapide (FSR). Plusieurs personnalités politiques et militaires (Annour Algouba, Alsafana, Defallah, Alfaris…) l’ont confirmé après leurs défections des FSR. Dans ce contexte, Khartoum estime que la mise en avant répétée de l’utilisation des armes chimiques par l’armée et d'une prétendue infiltration islamiste de l'armée soudanaise serviraient à justifier, injustement, sur la scène internationale, le soutien apporté à ses adversaires.
Cette lecture est cependant contestée. Il faut dire qu’Israël est très sensible sur le deuxième aspect et elle n’hésite pas de soutenir les FSR. Si certains responsables israéliens ont exprimé leurs inquiétudes quant à un éventuel retour de réseaux islamistes au Soudan, d'autres observateurs rappellent qu'aucune preuve publique ne démontre que l'armée soudanaise ait utilisé des armes chimiques ou serait contrôlée ou dominée par des mouvements islamistes. L’Algérie, l’Arabie Saoudite et surtout l’Egypte, principal partenaire militaire de Khartoum et l'un des pays les mieux informés de l'évolution de la situation sécuritaire au Soudan, ont d'ailleurs rejeté ces allégations, les qualifiant de dénuées de fondement.
Au-delà de cette controverse, la bataille de l'information est devenue un front à part entière de la guerre soudanaise. Chaque camp cherche à façonner le récit international afin de légitimer ses alliances et de discréditer son adversaire, dans un conflit où les dimensions géopolitiques régionales se mêlent désormais aux enjeux militaires sur le terrain.
Ramy Haroun
Analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel 7
Depuis le début du conflit, les autorités soudanaises accusent régulièrement les Émirats arabes unis d'apporter un soutien politique, financier et militaire aux Forces de soutien rapide (FSR). Plusieurs personnalités politiques et militaires (Annour Algouba, Alsafana, Defallah, Alfaris…) l’ont confirmé après leurs défections des FSR. Dans ce contexte, Khartoum estime que la mise en avant répétée de l’utilisation des armes chimiques par l’armée et d'une prétendue infiltration islamiste de l'armée soudanaise serviraient à justifier, injustement, sur la scène internationale, le soutien apporté à ses adversaires.
Cette lecture est cependant contestée. Il faut dire qu’Israël est très sensible sur le deuxième aspect et elle n’hésite pas de soutenir les FSR. Si certains responsables israéliens ont exprimé leurs inquiétudes quant à un éventuel retour de réseaux islamistes au Soudan, d'autres observateurs rappellent qu'aucune preuve publique ne démontre que l'armée soudanaise ait utilisé des armes chimiques ou serait contrôlée ou dominée par des mouvements islamistes. L’Algérie, l’Arabie Saoudite et surtout l’Egypte, principal partenaire militaire de Khartoum et l'un des pays les mieux informés de l'évolution de la situation sécuritaire au Soudan, ont d'ailleurs rejeté ces allégations, les qualifiant de dénuées de fondement.
Au-delà de cette controverse, la bataille de l'information est devenue un front à part entière de la guerre soudanaise. Chaque camp cherche à façonner le récit international afin de légitimer ses alliances et de discréditer son adversaire, dans un conflit où les dimensions géopolitiques régionales se mêlent désormais aux enjeux militaires sur le terrain.
Ramy Haroun
Analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel 7


