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Nous avons été manipulés par la France, dont l’objectif était de déstabiliser nos voisins (lieutenant-colonel Pascal Tigri)

Vendredi 19 Décembre 2025

Bénin : Exclusif — Enfin, le lieutenant-colonel Pascal Tigri prend la parole - Par Sèmèvo Adjouvi


Le matin du 17 décembre, précisément à 6h37, notre rédaction a reçu un message privé d’un individu sollicitant un numéro de contact. Cet individu se présentait comme étant le lieutenant-colonel Pascal Tigri.

Peu après, un appel anonyme est parvenu. Au bout du fil, une voix distincte : celle du lieutenant-colonel Pascal Tigri. L’échange, qui s’est rapidement transformé en interview, n’a duré que huit minutes.

Le contenu des échanges

B.N. : Mon colonel, quelle est la motivation de votre appel, alors qu’un mandat d’arrêt international a été émis contre vous ?

LCPT : J’ai pris connaissance de votre publication du 15 décembre concernant l’implication de la France dans le coup d’État, ainsi que des détails qui y étaient relatés. J’ai ressenti un certain soulagement. Ces informations sont exactes. Nous avons été manipulés par la France, dont l’objectif était de déstabiliser nos voisins en utilisant notre territoire.

B.N. : Vous confirmez donc que la France était de votre côté ? Que s’est-il réellement passé ?

LCPT : Oui, effectivement. Nous n’avions jamais envisagé, ni planifié, un coup d’État dans notre pays. La DGSE française nous a laissé entendre que le président Talon était incapable de résoudre la question du terrorisme et qu’il fallait un militaire à la tête du pays, à l’instar des nations membres de l’AES, pour mieux lutter contre cette menace. Lors de nos échanges, ils nous ont convaincus que je devais prendre la direction du pays pour prendre des décisions fermes et arrêter la perte de nos soldats face aux terroristes.

Nous avons eu plusieurs réunions avec des membres de la DGSE pour organiser ce coup d’État. Ils nous ont rassurés en nous disant qu’ils avaient déjà conclu un accord avec les frères d’armes du palais, qui devaient nous faciliter la tâche. Lorsque nos éléments étaient à la télévision nationale, il était prévu que les opérations prennent fin à 5h du matin, avec une annonce officielle à 5h45, dans le calme.

Les forces spéciales françaises nous ont demandé de patienter jusqu’à leur signal pour le lancement de l’offensive vers le palais, où tout devait être sous contrôle. Mais au fil des heures, j’ai compris que nos « amis » français changeaient de stratégie.

B.N. : Mon colonel, vous affirmez donc que le coup d’État a été orchestré par la France ?

LCPT : Affirmatif. Pensez-vous que nous aurions préparé un coup d’État localement, arrêté des généraux pour les libérer ensuite ? Pensez-vous que nous, soldats béninois, n’aurions pas eu de stratégie pour neutraliser le président Talon et réussir ce coup d’État ?

J’ai accepté de prendre la tête de ce mouvement parce que j’ai exigé que ce soit un coup d’État classique, avec la protection des dirigeants. Cette proposition arrangeait bien les Français, qui jouaient un double jeu. Ils étaient divisés en deux groupes : l’un des groupes de forces spéciales françaises était avec moi. Leur objectif, que nous avons compris trop tard, était de prendre le contrôle du président Talon.

B.N. : Nous avons appris, par le biais de Jeune Afrique, que vous seriez actuellement au Togo. Est-ce vrai ?

LCPT : Jeune Afrique n’est rien d’autre qu’un média français. Écoutez, les Français m’ont isolé dans un endroit, me rassurant que tout se passait comme prévu et qu’il fallait attendre le moment propice pour ma déclaration. C’est à ce moment-là que certains de nos éléments, informés du double jeu des Français, m’ont exfiltré vers un lieu sûr.

B.N. : Êtes-vous toujours sur le territoire béninois, ou êtes-vous au Togo, comme l’affirme Jeune Afrique ?

LCPT : Écoutez, je suis un soldat. Si je me présentais, le peuple béninois ne connaîtrait jamais la vérité, car je serais éliminé. Aujourd’hui, la vérité éclate. J’ai même appris que le président Talon était informé de ce complot. L’objectif de la France est de justifier sa présence sur notre sol, de se faire accepter par le peuple et d’agir en toute liberté, sous les ovations.

Je ne peux pas en dire davantage, mais pour répondre à votre question : je n’ai pas quitté mon pays.

La France nous a humiliés dans notre propre pays en faisant intervenir l’armée du Nigéria. Ceux qui nous ont bombardés étaient des soldats français, et non nigérians. Dans le plan, la France a souhaité utiliser des appareils nigérians pour éviter la colère du peuple et faire croire qu’il s’agissait d’une intervention au nom de la CEDEAO.

Le président du Nigéria sait très bien qu’il ne s’agissait pas d’un coup d’État, c’est pourquoi il a accepté de participer, afin de préserver l’image de la CEDEAO.

Tout ce scénario a pour but de justifier une attaque imminente contre le Burkina Faso et le Niger. Aucun des pays membres de l’AES n’était informé de ce coup d’État. Bref, je reviendrai avec d’autres détails.

B.N. : Regrettez-vous votre action ?

LCPT : Jamais. Ce que j’ai fait était pour mon peuple. Dieu a permis aujourd’hui que le vrai visage de la France soit révélé, une France qui a fait tuer nos soldats sur notre territoire afin de s’y installer. Notre armée dans son ensemble doit comprendre et refuser que notre pays devienne une base arrière pour une guerre d’intérêts contre nos frères de l’AES.

Nos populations doivent se mobiliser de manière pacifique et réclamer, sans ambiguïté, le départ de l’armée française et de la DGSE de notre territoire.

Je vous remercie.

B.N. : Merci à vous, et pour votre confiance.

Source: Bénin : Exclusif — Enfin, le lieutenant-colonel Pascal Tigri prend la parole -