Le 11 septembre, Mohammed ben Salmane aurait appelé Donald Trump à deux reprises pour demander une intervention américaine directe contre les Houthis. Trump aurait refusé, tout en proposant un soutien en renseignement et en ciblage. ([Reuters][2])
Cette décision intervient alors que les Houthis ont progressé vers Mokha et le détroit de Bab el-Mandeb, menaçant directement une route stratégique pour les exportations saoudiennes. Parallèlement, Trump a publiquement indiqué que les Houthis avaient pris contact avec Washington et qu'il cherchait à éviter une nouvelle confrontation américaine au Yémen. ([Al Jazeera][3])
C'est probablement là que se situe le véritable problème pour Riyad : l'Arabie saoudite ne reproche pas nécessairement aux États-Unis de ne pas faire la guerre à sa place ; elle constate surtout que Washington définit désormais ses engagements en fonction de ses propres priorités, même lorsque celles-ci ne coïncident plus avec celles de Riyad.
Et Riyad a commencé à répondre à cette nouvelle réalité. Depuis plusieurs mois, l'Arabie saoudite développe des mécanismes de défense avec la Turquie, le Pakistan et plusieurs États arabes et africains, notamment autour d'une coalition maritime en mer Rouge. ([Investing.com][4])
MS. Abdelsalam, analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel, www.centrerecherche.com

