Par Racha Selmi
La guerre au Soudan semble entrer dans une nouvelle phase marquée par une fragilisation progressive des Forces de soutien rapide (FSR), confrontées à une multiplication des défections et à une pression militaire croissante exercée par l’armée soudanaise.
Selon Ahmet Yacoub Dabio, l’annonce de la reddition du général Ali Rezegat, connu sous le nom de « Savana », ainsi que celle de Bichara Al-Houya, commandant des opérations dans la ville stratégique de Bara, constitue un nouveau revers symbolique et stratégique pour la milice dirigée par Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemedti ».
Dans une déclaration relayée par plusieurs médias, l’expert explique que le commandant de terrain des FSR au Kordofan-Nord a annoncé son ralliement à l’armée soudanaise dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, rejoignant ainsi la série de départs enregistrés ces derniers mois au sein du groupe paramilitaire.
Pour Ahmet Yacoub Dabio, ces défections successives alimentent les spéculations autour d’une possible désintégration progressive des FSR, déjà confrontées à des difficultés logistiques, à de lourdes pertes humaines et à une baisse supposée de leurs approvisionnements militaires. L’expert estime également que la pression militaire exercée par les forces armées soudanaises, soutenues par des groupes alliés et des ralliements internes, commence à produire des effets significatifs sur la cohésion de la milice.
Alors que les combats continuent de ravager plusieurs régions du Soudan, notamment le Darfour et le Kordofan, Ahmet Yacoub Dabio considère que ces évolutions pourraient marquer un tournant important dans le rapport des forces militaires sur le terrain. Toutefois, il souligne que malgré les revers subis, les FSR conservent encore une importante capacité de nuisance, particulièrement au Darfour, où les affrontements demeurent violents et où la situation humanitaire reste catastrophique.

