Communiqué de presse
Le Centre d’Études pour le Développement et la Prévention de l’Extrémisme (CEDPE) condamne avec la plus grande fermeté la condamnation à huit ans de prison ferme prononcée contre les huit leaders politiques du GCAP. Cette décision judiciaire, à caractère manifestement politique, constitue une grave atteinte aux principes fondamentaux de l’État de droit, aux libertés publiques ainsi qu’aux droits civiques et politiques garantis par les textes nationaux et les engagements internationaux auxquels le Tchad a souscrit.
En procédant à cette condamnation que nous considérons comme illégale et arbitraire, la junte militaire au pouvoir franchit une nouvelle étape dans la restriction des espaces démocratiques et dans la criminalisation de l’expression politique. Une telle orientation traduit une radicalisation inquiétante du régime, fondée davantage sur la répression, l’intimidation et le silence imposé aux voix critiques que sur le dialogue, la justice et la recherche d’un consensus national.
Le CEDPE estime que cette situation compromet dangereusement les perspectives de stabilité politique et de cohésion sociale dans le pays. Aucun processus de paix durable, aucune réconciliation nationale crédible et aucune transition véritablement inclusive ne peuvent être construits sur la peur, les arrestations politiques et les décisions judiciaires instrumentalisées.
Cette condamnation envoie malheureusement un signal extrêmement préoccupant au peuple tchadien, particulièrement à la jeunesse, qui voit s’éloigner davantage l’espoir de vivre dans un État respectueux des valeurs démocratiques, de la séparation des pouvoirs et des libertés fondamentales. Elle risque également d’alimenter les frustrations sociales, la méfiance envers les institutions et les tensions politiques dans un contexte national déjà fragile.
Le CEDPE appelle les autorités tchadiennes à revenir sur cette décision, à garantir l’indépendance de la justice et à privilégier le dialogue politique comme unique voie de sortie durable de la crise. Le Centre appelle également les organisations régionales, africaines et internationales, ainsi que les défenseurs des droits humains, à suivre avec vigilance l’évolution de la situation politique et judiciaire au Tchad.
Fait à N’Djamena,
Le Centre d’Études pour le Développement et la Prévention de l’Extrémisme (CEDPE)

