Ce qui frappe les analystes dans cette attaque, c'est sa sophistication opérationnelle. L'attaque a débuté par un sabotage méthodique : les câbles électriques ont été coupés, l'éclairage du camp neutralisé, plongeant la position militaire dans l'obscurité. Ce type de préparation suppose une connaissance fine du dispositif de sécurité de la base, de ses infrastructures et de ses failles, un renseignement qui ne s'improvise pas.
Un village voisin a été incendié et pillé lors de l'attaque. Aucun bilan civil n'a encore été communiqué. Cette double frappe, militaire et civile simultanément, est caractéristique de la stratégie de Boko Haram dans le bassin du lac qui vise à terroriser les populations pour assécher le soutien aux forces de sécurité, tout en infligeant des pertes symboliquement lourdes à l'armée.
Mahamat Idriss Déby Itno, Président de la République du Tchad est dépassé, lui qui vient tout juste de rentrer d'un séjour à l'est du pays, dans la région de Wadi Fira, où a eu lieu un conflit intercommunautaire meurtrier (83 morts), a déclaré à la veille de l'embuscade :
« Une nouvelle fois, la nébuleuse terroriste Boko Haram a perpétré une attaque lâche contre notre base militaire de Barka Tolorom. Face à la barbarie, le Tchad reste debout, uni et inflexible. L'obscurantisme ne l'emportera jamais sur la République. »
Une embuscade meurtrière le lendemain (6 mai)

