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Siège : N'Djamena, Tchad
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Ensemble contre les conflits et pour la paix

Sous la loupe

Après le Soudan, le chef de la junte au pouvoir au Tchad apporte son soutien au maréchal Haftar

Mardi 11 Août 2026

Pourtant, la junte au pouvoir répète la même erreur dans le conflit libyen opposant le maréchal Haftar à la Chambre d’opérations pour la libération du sud libyen (COLSL).



Si le conflit libyen se militarise davantage dans le Sud au même moment où le conflit soudanais continue à produire des déplacements, des armes et des combattants à travers le Tchad, N'Djamena peut se retrouver pris dans une véritable tenaille géopolitique.
Et c'est pourquoi, la principale menace pour le pouvoir tchadien ne soit pas nécessairement une offensive militaire directe contre N'Djamena.
Le danger pourrait être plus subtil. Perte progressive de l'équilibre entre communautés, fragilisation de la cohésion de l'armée, mécontentement des populations, pression économique et sécuritaire aux frontières, puis apparition d'une nouvelle coalition politique ou militaire.
Dans ce scénario, une défaite majeure des FSR au Soudan pourrait même être moins dangereuse pour N'Djamena qu'une victoire spectaculaire des FSR suivie d'une militarisation accrue du Darfour et d'un débordement au Tchad.
Et inversement, si les FSR subissaient une défaite militaire importante, le pouvoir tchadien pourrait être confronté à la question : « pourquoi avons-nous misé sur le mauvais cheval ? »
C'est cette question politique, plus que la chute d'une ville prise isolément, qui pourrait devenir dangereuse pour la junte au pouvoir au Tchad.
Enfin, si N'Djamena avait réussi à maintenir une position équidistante entre les SAF et les FSR, il aurait pu tenter de devenir le pont les acteurs impliqués dans le conflit, plutôt que d'être perçu comme un acteur du conflit. Les efforts de médiation restent aujourd'hui fragmentés et les tentatives précédentes ont échoué en raison notamment de la méfiance entre les belligérants et des interférences étrangères.
Sur le plan stratégique, le Tchad aurait sans doute eu avantage à garder cette carte en main. Pourtant, la junte au pouvoir répète la même erreur dans le conflit libyen opposant le maréchal Haftar à la Chambre d’opérations pour la libération du sud libyen (COLSL). Les dirigeants des juntes des deux pays ont conclu une alliance militaire pour combattre la COLSL. 
La chute de la ville soudanaise d'Elgeneina entraînerait-elle la chute de la junte tchadienne ?

MS. Abdelsalam
Analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel7
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