Centre d'études pour le développement et la prévention de l’extrémisme

Echanges avec les lycéens du Dar Toumaï au CEDPE, Ndjamena – Tchad

Rédigé le Mercredi 30 Janvier 2019 à 11:50 | Lu 39 fois | 0 commentaire(s)

Le CEDPE a mis en place un plan d’activités destiné à la jeunesse car il estime qu’il existe peu ou pas une politique prévisionnelle, à proprement parler, envers la jeunesse. Tous les lycées sont concernés. Si la première rencontre d’échanges a eu lieu mardi 29 janvier avec le lycée Dar Toumaï, d’autres rencontres sont programmés en février avec des lycées comme Repère, Fidélité (…)


Date : Mardi 29 janvier 2019
Le Centre d’Etudes pour le Développement et la Prévention de l’Extrémisme (CEDPE) a organisé mardi matin un débat autour de l’extrémisme. Ont pris part activement à ce débat un nombre important des lycéens du Dar Toumaï. Djimet Wiche a assuré l’animation du débat avec en face comme panelistes : M. Agassiz Baroum, M. Désiré Oubadjimdehba et Dr. Ahmat Yacoub Dabio. Avant d’ouvrir le débat, l’animateur a présenté le centre, ses activités et ses objectifs puis a rappelé que le CEDPE est une structure associative, indépendante, apolitique. Parmi les points importants de la thématique :  

·la Définition de l’extrémisme

·les racines générales de l’extrémisme

·Les jeunes sont plus vulnérables au recrutement de groupes extrémistes

·Les techniques du recrutement de BH

Concernant le premier point, Dr. Ahmat Yacoub Dabio a tenu à préciser que malgré l’absence d’une définition universelle, cependant il a proposé quatre définitions parmi lesquelles celle du Dictionnaire Larousse : « Comportement politique consistant à défendre les positions les plus radicales d'une idéologie ou d'une tendance ; celle de l’USAID : "L'extrémisme violent fait référence à la défense, l'engagement en faveur, la préparation ou l’appui d'une violence idéologiquement motivée ou justifiée en vue de réaliser des objectifs sociaux, économiques et politiques " ; ou celle de la Grande Bretagne : " L'extrémisme violent peut être défini comme l'utilisation et la facilitation de la violence ciblée sur les civils comme moyen de corriger des griefs, réels ou perçus, qui constituent la base de plus en plus forte d’identités de groupes marginaux ". le paneliste n’a pas perdu de vue la définition de Guillaume (Séminaire mixte Azhar-Idéo) du 18/2/2017 : « C’est une déviance de la norme (religieuse, sociale, économique, politique…) faite au nom de cette norme même qu’il souhaite promouvoir à l’extrême ». Et il a conclu par une définition du CEDPE : « L’extrémisme est un fléau affectant dangereusement un Monde qui n’arrive pas à lui trouver une définition universellement acceptée ».

Les lycéens ont abordé les racines générales de l’extrémisme qui sont entre autres les facteurs idéologiques, socioéconomiques et politiques à savoir l’injustice sociale, la faiblesse des institutions, la marginalisation, La stigmatisation, l’humiliation, le racisme, le xénophobie, la haine, l’injustice, le mal gouvernance, le sous-développement, la pauvreté, le chômage, la corruption, la répression.
A travers ce débat, il a été aussi question de chercher à savoir pourquoi les jeunes sont plus vulnérables au recrutement de groupes extrémistes ? M. Agassiz Baroum a estimé que 10% de la jeunesse du Lac Tchad rejoignent BH sur un taux de croissance démographique annuelle de 3,3 %. En plus de la pauvreté, une des sources d’adhésion de la jeunesse, il y a aussi l’ignorance, car sur 2200 retournés de BH, seuls 50 étaient scolarisés (primaire), parmi lesquels 5 seulement savent lire et écrire. (source CEDPE-avril 2018). A la réponse d’un lycéen sur les moyens de déradicalisation des repentis de BH, Dr. Ahmat Yacoub a estimé que cela nécessite un travail de longue durée et sérieux surtout prévoir une stratégie de réinsertion socioprofessionnelle sans quoi les repentis reprendront le chemin du maquis ou de l’immigration. (52 ont déjà repris le maquis, 86 ont pris le chemin de l’immigration illégale en empruntant la route de la Libye. (source CEDPE- nov. 2018).
 
Plusieurs lycéens ont pris la parole parmi lesquels Ahmat Mahamat Djerou, Moussa Ahmat, Mahamat Ahmat, Brahim Mahamat Tahir, Souraya Izadine, Nasrine, Iza, Haggar M. Seid.. des questions pertinentes ont été posées comme la porosité des frontières qui rend difficile le contrôle des entrées et sorties, l’objectif de Boko Haram, la provenance d’armes et de minutions, qu’est-ce qui pousse les jeunes à rejoindre les terroristes et pourquoi croire à ces genres de promesse. D’aucuns se demandent si ce n’est pas l’Occident qui fournit aux terroristes de Boko Haram des armes ? Le lycéen Mahamat Algoni Tidjani a demandé quels sont les moyens que Boko Haram utilisent pour convaincre la jeunesse à le rejoindre ? M. Désiré qui est chargé des projets du CEDPE a répondu que les extrémistes utilisent des techniques de recrutement parmi lesquelles :
  • La promesse d’une vie meilleure sur terre et au paradis
  • La terreur
  • l’allocation piégée
  • la manipulation via les réseaux sociaux
Le CEDPE a mis en place un plan d’activités destiné à la jeunesse car il estime qu’il existe peu ou pas une politique prévisionnelle, à proprement parler, envers la jeunesse. Tous les lycées sont concernés. Si la première rencontre d’échanges a eu lieu mardi 29 janvier avec le lycée Dar Toumaï, d’autres rencontres sont programmés en février avec des lycées comme Repère, Fidélité (…)

Ces échanges en rapport avec les jeunes sont d’une importance capitale. Il s’agit de les former à la tolérance, au respect des diversités politiques et au renforcement de la paix et en même temps de leur éviter de se faire manipuler par les extrémistes. 

A travers ces échanges, il s’agit de : « cultiver l’esprit de tolérance, le respect mutuel dans leurs diversités sociales, politiques, religieuses et économiques et éviter le recours à la violence dans tout règlement de conflit, et surtout privilégier le dialogue ». 

Les jeunes découvriront que le fait d’avoir des opinions différentes ne constitue, à aucun moment, un obstacle. Il s’agit, au contraire, d’un atout pour la paix sociale, sans laquelle le développement durable est impossible à réaliser. 

La stratégie de prévention du CEDPE n’a pas perdu de vue le rôle des enseignants dans le renforcement des acquis de la paix sociale. C’est pourquoi, il sera organisé dans bientôt des échanges « sur le rôle des enseignants dans la consolidation de la paix et de l’harmonie sociale ».

Crée au Tchad le 30 janvier 2018, le CEDPE a élaboré un plan triennal (2018-2020) de 12 projets. Avec une salle de capacité de 220 personnes, le centre permet aux intellectuels d'échanger leurs points de vues sur tous les aspects, dans le respect. 

Le 5 février 2019, un débat est organisé sur les relations tchado-israéliennes et les enjeux géostratégiques.
  • Le CEDPE est un laboratoire d’idées, une sorte de boîte à outil (Think Tank) spécialiste de la prévention des conflits à travers des Etudes, des Recherches, de la Formation, de la déradicalisation, de l’insertion socioprofessionnelle. Il effectue des Réflexions Stratégiques sur la prévention de l’extrémisme violent.
  • Aux côtés de ses partenaires, le CEDPE effectue des études et des recherches axées sur des projets de développement humain et des prestations sociales ayant un impact direct sur la vie des populations.
  • Il apporte son concours pour bâtir un Monde sûr, épris de paix et de justice.
  • Il cherche des solutions pour éradiquer l’extrémisme à travers la réinsertion des désengagés.
  • Il s’emploie à faire de la prévention de l’extrémisme violent son cheval de bataille.
  • Il fait de la jeunesse acteur principal et efficace dans la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation.
  • Alors qu’il condamne l’extrémisme violent, il s’attaque également à ce qu’il appelle l’extrémisme intelligent, une nouvelle approche propre au CEDPE. L’extrémisme intelligent est tout acte qui porte atteinte à l’intégrité morale ou physique à quelqu’un et dont l’auteur se sent couvert par la loi. Ce genre d’extrémisme irrigue et alimente l’extrémisme violent.




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