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L’affaire Epstein : un révélateur des complaisances systémiques et des contradictions normatives

Samedi 14 Février 2026

Sans opposer frontalement les cultures, l’affaire Epstein démontre que les valeurs dites universelles peuvent être instrumentalisées ou vidées de leur substance. Les sociétés oriento-africaines, par exemple, doivent préserver et renforcer leurs propres repères éthiques et culturels, afin de résister aux injonctions extérieures souvent déconnectées de leurs réalités.


L’affaire Jeffrey Epstein constitue un cas paradigmatique de la manière dont des réseaux de pouvoir, mêlant argent, sexe et criminalité, peuvent prospérer grâce à une complaisance systémique. Au-delà des faits de pédocriminalité, déjà documentés et malheureusement non isolés, ce scandale met en lumière l’implication, la collaboration ou le silence de nombreux dirigeants censés incarner la défense des droits humains.

Epstein n’est pas seulement le produit de ses propres crimes, il est le résultat d’une tolérance active de la part de la justice et des élites politiques. Les documents et témoignages accumulés révèlent que « tout le monde savait », mais que peu ont agi. Cette inertie illustre une défaillance normative . Les institutions censées protéger les plus vulnérables se sont montrées incapables, voire réticentes, à intervenir.
Ce qui surprend dans cette affaire n’est pas tant la pédocriminalité en elle-même – phénomène malheureusement répandu – mais la trahison des principes par ceux qui se présentent comme défenseurs des droits de l’Homme, et en particulier des droits des femmes. L’affaire Epstein agit ainsi comme un miroir, révélant la distance entre les discours universalistes et les pratiques réelles des élites mondiales.

L’attitude de Donald Trump, affirmant publiquement son indifférence au droit international, illustre une tendance plus large qui est la remise en cause des normes universelles par des acteurs convaincus de leur propre puissance. Cette déclaration, faite peu avant l’explosion médiatique de l’affaire Epstein, souligne la fragilité du système normatif international face à des dirigeants qui revendiquent ouvertement leur autonomie par rapport aux règles établies.
Dirigeons-nous vers une réappropriation des valeurs? peut-être pas, mais face à cette hypocrisie globale, il devient nécessaire de réfléchir à une réappropriation des valeurs locales. Sans opposer frontalement les cultures, l’affaire Epstein démontre que les valeurs dites universelles peuvent être instrumentalisées ou vidées de leur substance. Les sociétés oriento-africaines, par exemple, doivent préserver et renforcer leurs propres repères éthiques et culturels, afin de résister aux injonctions extérieures souvent déconnectées de leurs réalités.
En conclusion, l’affaire Epstein dépasse le cadre d’un scandale individuel, elle révèle une crise de légitimité des élites mondiales et une contradiction normative entre les principes affichés et les pratiques tolérées. Elle invite à une réflexion critique sur la gouvernance mondiale, la protection des droits humains.

Dr. Ahmat Yacoub Dabio