Le CEDPE constate avec regret qu'au Tchad, les programmes de DDRR ont progressivement évolué vers un modèle fortement dépendant des financements extérieurs. Cette dépendance a favorisé la multiplication des commissions, des ateliers, des missions d'expertise et des projets financés par les partenaires, sans que les résultats attendus en matière de réintégration durable soient toujours au rendez-vous.
Au regard de cette expérience, le CEDPE estime que le processus de DDRR ne doit plus être considéré comme une succession de projets financés par les bailleurs, mais comme une politique publique relevant de la souveraineté nationale. Tant que le processus sera principalement pensé en fonction de la disponibilité des financements extérieurs, le risque demeurera de voir les mécanismes administratifs et les projets prendre le pas sur les objectifs de paix, de réconciliation et de réinsertion.
Le paradoxe est d'autant plus frappant que le Tchad dispose déjà d'une expertise nationale de haut niveau. Le CEDPE a remis aux autorités une base de données de près de 16 000 pages portant sur le profilage de plus de 7 000 personnes désengagées de Boko Haram. Ce travail, qui représente plusieurs années de recherche de terrain, contient des recommandations opérationnelles pour un processus DDRR adapté aux réalités tchadiennes. Tant que de telles ressources nationales resteront insuffisamment exploitées, il sera difficile de soutenir que le principal obstacle au succès du DDRR réside uniquement dans le manque de financements internationaux.
Mme Agnès Jean
Représentante et coordinatrice
du CEDPE à l’étranger
Au regard de cette expérience, le CEDPE estime que le processus de DDRR ne doit plus être considéré comme une succession de projets financés par les bailleurs, mais comme une politique publique relevant de la souveraineté nationale. Tant que le processus sera principalement pensé en fonction de la disponibilité des financements extérieurs, le risque demeurera de voir les mécanismes administratifs et les projets prendre le pas sur les objectifs de paix, de réconciliation et de réinsertion.
Le paradoxe est d'autant plus frappant que le Tchad dispose déjà d'une expertise nationale de haut niveau. Le CEDPE a remis aux autorités une base de données de près de 16 000 pages portant sur le profilage de plus de 7 000 personnes désengagées de Boko Haram. Ce travail, qui représente plusieurs années de recherche de terrain, contient des recommandations opérationnelles pour un processus DDRR adapté aux réalités tchadiennes. Tant que de telles ressources nationales resteront insuffisamment exploitées, il sera difficile de soutenir que le principal obstacle au succès du DDRR réside uniquement dans le manque de financements internationaux.
Mme Agnès Jean
Représentante et coordinatrice
du CEDPE à l’étranger
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[1] Soit les dépenses de deux mois de l’opération Barkane dans l’espace du G5 Sahel qui donnera une nouvelle image de stabilité et de développement de la province du Lac.

