Sous la direction de
Mme Agnès Jean
Représentante et coordinatrice adjoint
Sahel7 www.centrerecherche.com
La situation sécuritaire et la gouvernance au Tchad font en effet l'objet de vives préoccupations internationales, plusieurs gouvernements, dont le britannique (FCDO), déconseillent formellement tout voyage dans la majeure partie du pays en raison des risques élevés de terrorisme, d’enlèvements, de règlements de comptes, de conflits et de la présence de milices armées.
L’analyse de la situation révèle plusieurs dynamiques complexes. Depuis l’arrivée au pouvoir de la junte militaire menée par le maréchal Mahamat Idriss Déby, une forte recrudescence de la violence a été constatée, alimentée par les contestations et les tensions à travers tout le territoire. En l’absence de justice, des milices proches du régime, issues de la garde présidentielle, interviennent dans la gestion des affaires. MS. Abdelsalam, analyste, chercheur associé au CEDPE.
La dernière contestations et tensions en date est celle du Tibesti : La région septentrionale du Tibesti reste une zone de fortes tensions historiques et sécuritaires. Les rivalités autour du contrôle des ressources locales, notamment les mines d'or, ainsi que la présence de comités d'autodéfense et de groupes armés non étatiques, alimentent régulièrement des affrontements, illustrant la difficulté de l'État à y imposer son autorité exclusive. Rôle des forces de sécurité et de la garde présidentielle : Les critiques locales et internationales pointent régulièrement du doigt l'impunité dont bénéficieraient certains éléments des forces de défense et de sécurité, en particulier au sein d'unités d'élite comme la Direction générale des services de sécurité des institutions de l'État (DGSSIE). Les dénonciations d'abus de pouvoir et de violations des droits humains par ces forces exacerbent le sentiment d'insécurité des citoyens. Le concept d'« État failli » : L'affirmation selon laquelle le Tchad est un État en faillite est un sujet de débat parmi les analystes politiques. D'un côté, le pouvoir central maintient un appareil militaire puissant et le contrôle direct de la capitale et des institutions clés. De l'autre, la porosité des frontières, la prolifération d'armes, les conflits intercommunautaires et les difficultés à fournir des services publics de base sur l'ensemble du territoire témoignent d'une fragilisation profonde de l'autorité de l'État......Pour dresser un bilan rigoureux de la situation depuis l'avènement de la junte (Conseil militaire de transition) en avril 2021, il convient d'intégrer les données factuelles documentées par les organismes de recherche et les organisations de défense des droits humains : Le bilan humain de l'instabilité (depuis avril 2021). Estimation globale des victimes : Selon les analyses de données sur les conflits, notamment issues d'ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project), le Tchad a enregistré plusieurs milliers de morts liées aux violences politiques et communautaires depuis avril 2021. Rien que pour l'année 2021, les rapports faisaient état de plus de 800 morts, et les bilans consolidés par les observateurs locaux estiment qu'entre 2021 et 2026, le nombre cumulé de décès dus aux divers affrontements (politiques, intercommunautaires, orpaillage) dépasse les 4 500 morts.
Répressions sanglantes des manifestations : Les épisodes de contestations politiques ont été durement réprimés par les forces de sécurité. Les événements majeurs incluent les manifestations d'avril-mai 2021 (dès la prise de pouvoir), et surtout le « Jeudi noir » du 20 octobre 2022. Pour cette seule journée, le gouvernement avait admis une cinquantaine de morts, tandis que les organisations de l'opposition et la société civile, telles que Les Transformateurs ou la coalition Wakit Tama, ont dénombré plus de 200 personnes tuées, sans compter les centaines d'arrestations, de déportations et d'allégations de torture. L'action des unités d'élite et l'impunité
Répressions sanglantes des manifestations : Les épisodes de contestations politiques ont été durement réprimés par les forces de sécurité. Les événements majeurs incluent les manifestations d'avril-mai 2021 (dès la prise de pouvoir), et surtout le « Jeudi noir » du 20 octobre 2022. Pour cette seule journée, le gouvernement avait admis une cinquantaine de morts, tandis que les organisations de l'opposition et la société civile, telles que Les Transformateurs ou la coalition Wakit Tama, ont dénombré plus de 200 personnes tuées, sans compter les centaines d'arrestations, de déportations et d'allégations de torture. L'action des unités d'élite et l'impunité
Les critiques formulées par les organisations internationales, y compris Amnesty International et des instances de l'ONU, corroborent la dénonciation d'un système à deux vitesses (La Garde Présidentielle et la DGSSIE). Ces corps d'élite disposent d'un pouvoir de coercition étendu qui outrepasse fréquemment le cadre judiciaire légal. Les rapports documentent de nombreuses arrestations arbitraires, enlèvements ou disparitions forcées ciblant des opposants, des journalistes ou des activistes de la société civile. Dr. Ahmat Yacoub Dabio, expert en gestion de conflits, président du CEDPE.
Absence de poursuites judiciaires : L'appareil judiciaire tchadien est régulièrement qualifié de dépendant ou d'inefficace face aux exactions commises par les membres de l'armée proches du pouvoir. L'absence d'enquêtes indépendantes et transparentes après les massacres de manifestants ou les règlements de comptes politiques alimente un fort sentiment d'impunité, renforçant l'argument d'une déliquescence de l'état de droit au profit d'une gouvernance par la force militaire.
Sources exploitées:
[1] https://www.centrerecherche.com
[2] https://acleddata.com
[3] https://www.amnesty.org
[4] https://www.humanrightsresearch.org
[5] www.sahel7.com
[6] https://www.dw.com
[7] https://www.voanews.com
[8] https://www.facebook.com
[9] https://www.ushmm.org
[10] https://information.tv5monde.com


