La coalition TASIS, composée notamment des FSR et du SPLM-N d’Abdelaziz al-Hilu, affirme avoir repris Kourmouk le 13 août. Cette information est désormais rapportée par plusieurs sources soudanaises, et Sudan Tribune confirme que les FSR revendiquent la prise de la ville après de violents combats. Il faut cependant rester prudent sur le mot « contrôle », car l’armée soudanaise affirme de son côté avoir repoussé les attaques et continue de contester la perte complète de la ville, une information rapportée par Anadolu Ajansı.
Mais le fait le plus important est ailleurs. Kourmouk n’est pas un événement isolé. On observe actuellement une offensive suivant un axe assez clair : frontière éthiopienne → Kourmouk → Geissan → sud de Damazin → menace sur la capitale du Nil Bleu.
Quelques jours avant Kourmouk, les FSR et leurs alliés avaient lancé une offensive sur Geissan. Des sources indiquent qu’ils ont pris une grande partie de la ville, tandis que la principale base militaire de l’armée résistait encore, selon Sudan Tribune. Kourmouk et Geissan ne sont séparées que par une zone relativement limitée et constituent deux points stratégiques du sud-est du Nil Bleu. Cette offensive de TASIS semble donc chercher à construire une profondeur territoriale continue plutôt qu’à conquérir simplement deux villes. C’est pourquoi la grande ville de Damazin est le véritable enjeu stratégique. Damazin est la capitale de l’État du Nil Bleu et abrite des installations militaires essentielles. L’armée avait déjà renforcé ses positions autour de la ville lorsque les FSR et le SPLM-N avaient pris Kourmouk au printemps. La situation actuelle est donc beaucoup plus dangereuse qu’en mars. À cette époque, l’armée avait réussi à reprendre Kourmouk en juillet après plus de trois mois de contrôle par les FSR et le SPLM-N (Mada Masr). Et voilà que Kourmouk est de nouveau attaquée et revendiquée par les FSR à peine un mois après sa reprise. Cela montre que l’armée n’a pas réussi à transformer sa victoire de juillet en contrôle territorial durable.
Quel pourrait être le prochain objectif de la coalition TASIS ? Face à une armée qui n’arrive pas à garder ses positions, la coalition renforcerait militairement la ville stratégique de Kourmouk, et c’est probablement la priorité immédiate de TASIS. Il ne sert à rien de prendre Kourmouk si les forces gouvernementales peuvent contre-attaquer rapidement. Puis activer ou renforcer sa présence à Geissan. C’est probablement l’objectif militaire immédiat le plus logique. Les combats y étaient encore importants récemment et l’armée conservait sa principale position militaire (Sudan Tribune). La phase stratégique suivante de la coalition TASIS serait de mettre Damazin sous pression. Une stratégie plus efficace serait de couper progressivement les axes d’approvisionnement, prendre les localités périphériques et obliger l’armée à concentrer ses forces autour de la capitale régionale. C’est un élément qui change beaucoup l’analyse. La question qu’il faut poser est la suivante : le partenariat FSR + SPLM-N/al-Hilu en a-t-il les moyens ?
Mais le fait le plus important est ailleurs. Kourmouk n’est pas un événement isolé. On observe actuellement une offensive suivant un axe assez clair : frontière éthiopienne → Kourmouk → Geissan → sud de Damazin → menace sur la capitale du Nil Bleu.
Quelques jours avant Kourmouk, les FSR et leurs alliés avaient lancé une offensive sur Geissan. Des sources indiquent qu’ils ont pris une grande partie de la ville, tandis que la principale base militaire de l’armée résistait encore, selon Sudan Tribune. Kourmouk et Geissan ne sont séparées que par une zone relativement limitée et constituent deux points stratégiques du sud-est du Nil Bleu. Cette offensive de TASIS semble donc chercher à construire une profondeur territoriale continue plutôt qu’à conquérir simplement deux villes. C’est pourquoi la grande ville de Damazin est le véritable enjeu stratégique. Damazin est la capitale de l’État du Nil Bleu et abrite des installations militaires essentielles. L’armée avait déjà renforcé ses positions autour de la ville lorsque les FSR et le SPLM-N avaient pris Kourmouk au printemps. La situation actuelle est donc beaucoup plus dangereuse qu’en mars. À cette époque, l’armée avait réussi à reprendre Kourmouk en juillet après plus de trois mois de contrôle par les FSR et le SPLM-N (Mada Masr). Et voilà que Kourmouk est de nouveau attaquée et revendiquée par les FSR à peine un mois après sa reprise. Cela montre que l’armée n’a pas réussi à transformer sa victoire de juillet en contrôle territorial durable.
Quel pourrait être le prochain objectif de la coalition TASIS ? Face à une armée qui n’arrive pas à garder ses positions, la coalition renforcerait militairement la ville stratégique de Kourmouk, et c’est probablement la priorité immédiate de TASIS. Il ne sert à rien de prendre Kourmouk si les forces gouvernementales peuvent contre-attaquer rapidement. Puis activer ou renforcer sa présence à Geissan. C’est probablement l’objectif militaire immédiat le plus logique. Les combats y étaient encore importants récemment et l’armée conservait sa principale position militaire (Sudan Tribune). La phase stratégique suivante de la coalition TASIS serait de mettre Damazin sous pression. Une stratégie plus efficace serait de couper progressivement les axes d’approvisionnement, prendre les localités périphériques et obliger l’armée à concentrer ses forces autour de la capitale régionale. C’est un élément qui change beaucoup l’analyse. La question qu’il faut poser est la suivante : le partenariat FSR + SPLM-N/al-Hilu en a-t-il les moyens ?
Nous estimons que oui, puisque la coalition est particulièrement importante. Les FSR apportent une force mobile, des véhicules, des combattants et une capacité offensive significative. Le SPLM-N possède, lui, une connaissance exceptionnelle du terrain du Nil Bleu et une implantation ancienne dans cette région. Cette coalition bénéficie d’un soutien militaire efficace des Émirats arabes unis, d'Isarël, de l’Éthiopie, de la Libye du maréchal Haftar. MS. Abdelslam, analyste chercheur associé au CEDPE.
Peut-on s'attende à la chute totale du Nil Bleu?
Je ne parlerais pas encore de « chute du Nil Bleu », mais si Kourmouk et Geissan restent longtemps aux mains de TASIS, on pourrait voir une deuxième grande offensive stratégique contre le Nil Bleu en l’espace de quelques mois, avec cette fois un objectif bien plus ambitieux : repousser l’armée vers Damazin et, peut-être, menacer son contrôle sur tout le sud-est de l’État. MS. Abdelslam.
Toutefois, le barrage de Roseires, situé sur le Nil Bleu en amont de Damazin est un facteur à ne pas négliger. Des analyses précédentes avaient déjà identifié la menace sur l'axe Geissan–Roseires après des victoires enrregistrées par les FSR/SPLM-N.
Sarah H. Salmane
Analyste, chercheure associée au CEDPE
Sahel 7
www.centrerecherche.com
Sarah H. Salmane
Analyste, chercheure associée au CEDPE
Sahel 7
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