Prévention de l’extrémisme au Sahel
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Centre d'études pour le développement et la prévention de l'extrémisme au Sahel

Le CEDPE a présenté le livre Book Haram à N'djamena

Rédigé le Lundi 3 Février 2020 à 18:36 | Lu 61 fois | 0 commentaire(s)

C'est au Centre National de la recherche et du développement, CNRD, l'ancien CNAR, que le Centre d'études pour le développement et la prévention de l'extrémisme (CEDPE) a présenté, hier, son livre intitulé "Book Haram" qui retrace les parcours des désengagés de Book Haram grâce à une mission effectuée dans le Lac Tchad en 2018. Invité par l'Union nationale des institutions de soutien de la langue arabe au Tchad, M. Ahmat Yacoub a animé la conférence au nom du CEDPE.


Depuis 2001 et avec l’augmentation des actes terroristes, les chercheurs sont à la recherche des indices identifiant la phénoménologie de l’extrémisme. Concernant la jeunesse qui se glisse dans l’idéologie extrémiste, des questions restent toujours sans réponses. On se demande comment l’idéologie extrémiste parvient à s’introduire dans l’espace de la jeunesse, à s’y répandre jusqu’à l’affecter, voire à en hypnotiser une partie. Qu’est-ce qui pousse la jeunesse à opérer un « processus de bifurcation », et au-delà de ruptures brusques, à rejoindre les fondamentalistes islamistes et à se métamorphoser en terroristes ? Les raisons sont-elles politiques, économiques, idéologiques, sociales, culturelles ? Ces complexes d’événements sont-ils en rapport avec l’éducation, la scolarité ou la pauvreté ? Que cachent ces identités complexes ? Autant de questions auxquelles peut répondre la recherche, qui doit notamment s’intéresser « aux contraintes que les individus subissent et aux événements qu’ils traversent pendant leur enfance et leur adolescence »1.  Pour tenter de répondre à ces questions, le Tchad a créé et inauguré le 30 janvier 2018 le Centre d'Études Pour le Développement et l'Extrémisme violent (CEPDE). Le CEPDE est un laboratoire d’idées, une sorte de boîte à outil ou think tank chargé des réflexions stratégiques sur la prévention des conflits et de l’extrémisme. C’est une structure indépendante et apolitique. Basé à N’Djamena, le Centre dispose d’une salle d’une capacité de 220 personnes qui permet aux jeunes qu’il accueille d'échanger dans le respect de leurs points de vue.  Sans doute, les outils de prévention étudiés çà et là lors de différents événements tenus partout dans le monde, et ce malgré les sommes colossales dépensées, relèvent le plus souvent de la pure théorie. A l’inverse, le CEDPE a élaboré un plan triennal (2018 - 2020) de 12 projets et réalise des études, mène des campagnes de mobilisation et de sensibilisation, propose des formations et travaille à la déradicalisation et à l’insertion socioprofessionnelle – bien que le volet de la réinsertion ne soit pas sérieusement pris en compte par les acteurs étatiques et non étatiques qui multiplient exagérément les rencontres quelquefois stériles. L’objectif du CEPDE est aussi d’insérer dans les programmes scolaires une matière pédagogique qui consiste à apprendre à nos enfants dès leur bas âge la tolérance, le dialogue, le savoir vivre ensemble, en respectant la diversité religieuse, culturelle et politique. Pour le CEDPE, il faut que tous les acteurs œuvrent de concert pour prévoir une stratégie fiable qui consiste à éveiller la jeunesse2
                                                           1 Bertaux Daniel, Sept propriétés des récits de vie, in Ertul Servet, Jean-Philippe Melchior et Lalive d’Epinay Christian (dir.), Subjectivation et redéfinition identitaire, op.cit., pp. 29-49., p. 33.  2 Le CEDPE a mis en place un plan d’activités destiné à la jeunesse car il estime qu’il existe peu ou pas de politique de prévention au Tchad destinée à la jeunesse. Tous les lycées au Tchad sont concernés. Plusieurs rencontres se sont déroulées dans des lycées du Tchad :  lz mardi 29 janvier 2019 avec le lycée Dar Toumaï, le 5 février avec le lycée le Repère, le 12 février c’était avec le lycée Fidélité, le 26 février avec le lycée Sans frontière. D’autres rencontres sont programmées. Ces échanges en rapport avec les jeunes sont d’une importance capitale. Il s’agit de les former à la tolérance, au respect des diversités politiques et au renforcement de la paix et en même temps de leur éviter de se faire manipuler par les extrémistes. A travers ces échanges, il s’agit de : « cultiver l’esprit de tolérance, le respect mutuel dans leurs diversités sociales, politiques, religieuses et économiques et éviter le recours à la violence dans tout règlement de conflit, et surtout privilégier le dialogue ».  Les jeunes découvriront que le fait d’avoir des opinions différentes ne constitue, à aucun moment, un obstacle. Il s’agit, au contraire, d’un atout pour la paix sociale, sans laquelle le développement durable est impossible à réaliser. La stratégie de prévention du CEDPE n’a pas perdu de vue le rôle des enseignants dans le renforcement des acquis de la paix sociale. C’est pourquoi, il organise des échanges « sur le rôle des enseignants dans la consolidation de la paix et de l’harmonie sociale ».

sur le danger de l’extrémisme et surtout à commencer par les crèches et les écoles maternelles. Car il faut sauver la jeunesse avant de l’émietter lentement dans les bras d’une secte qui fabrique des machines à tuer sans état d’âme, ou d’une autre forme d’extrémisme plus intense. Au Lac Tchad, l’approche essentiellement militaire adoptée au départ ne pouvait prétendre s’attaquer aux principales causes du phénomène. Aussi faut-il développer une approche holistique de la résolution de la question : le CEPDE est convaincu que l’option de la force à elle seule ne peut être une solution pour éradiquer ce phénomène, mais qu’il faut l’associer à d’autres outils de prévention dont nous allons évoquer les tenants et les aboutissants.  
 Aux côtés de ses partenaires, le CEDPE effectue des recherches axées sur des projets de développement humain et des prestations sociales ayant un impact direct sur la vie des populations.  Il apporte son concours pour bâtir un monde sûr, épris de paix et de justice.   Il cherche des solutions pour éradiquer l’extrémisme à travers la réinsertion des désengagés.   Il s’emploie à faire de la prévention de l’extrémisme violent son cheval de bataille.   Il fait de la jeunesse l’acteur principal et efficace dans la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation.  Alors qu’il condamne l’extrémisme violent, il s’attaque également à ce qu’il appelle l’extrémisme intelligent, une nouvelle approche qu’il développe. L’extrémisme intelligent est tout acte qui porte atteinte à l’intégrité morale ou physique à quelqu’un et dont l’auteur se sent couvert par la loi. Ce genre d’extrémisme irrigue et alimente l’extrémisme violent.  




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