Le véritable danger pour le pouvoir n'est peut-être donc pas à l'extérieur. Il pourrait être à l'intérieur. Une génération entière de jeunes Tchadiens grandit dans un pays où les perspectives économiques restent limitées, où l'accès à l'emploi est difficile et où l'émigration apparaît parfois comme la seule possibilité de construire un avenir.
Des milliers de Tchadiens ont quitté leur pays pour chercher ailleurs sécurité, emploi, formation ou simplement des conditions de vie meilleures. Les chiffres avancés sur l'ensemble de la diaspora tchadienne doivent cependant être maniés avec prudence, car il n'existe pas de recensement exhaustif permettant de confirmer précisément le chiffre de deux millions.
Mais une chose est certaine, le départ massif de jeunes, de cadres, d'étudiants et de travailleurs constitue une perte considérable de capital humain pour le Tchad.
Un État qui voit ses forces vives partir doit s'interroger. Plus de 4 500 morts : le prix humain de l'instabilité. Depuis 2021, le Tchad a également payé un lourd tribut humain.
Des compilations de données et de rapports disponibles font état d'environ 4 500 morts entre 2021 et 2025 dans différentes violences politiques, communautaires et sécuritaires. Ce chiffre doit être considéré comme une estimation et non comme un bilan officiel exhaustif, car les sources et les catégories utilisées ne sont pas toujours homogènes. Derrière les chiffres, il y a pourtant une réalité incontestable. Des familles endeuillées, des villages déplacés, des communautés traumatisées et une jeunesse qui voit régulièrement la violence remplacer la politique. La question fondamentale devient alors, combien de temps un pays peut-il continuer à payer le prix de l'instabilité sans que ses institutions ne finissent par se fissurer ?
Le problème n'est plus seulement celui du pouvoir, mais celui de l'État. Le débat tchadien ne devrait donc pas se limiter à savoir si telle accusation est vraie ou fausse. Il devrait être beaucoup plus profond. Quel est le projet du Tchad ? Quelle place le pays veut-il occuper dans la région ? Quel modèle d'État veut-on construire ? Pourquoi investir autant d'énergie dans les rapports de force régionaux alors que tant de problèmes demeurent sans solution à l'intérieur ? Et surtout quel avenir offre-t-on à la jeunesse tchadienne ?
Le pouvoir peut gagner des batailles diplomatiques, contrôler les médias nationaux, mobiliser ses réseaux sociaux et dénoncer ses adversaires. Mais aucune communication ne peut éternellement cacher les réalités quotidiennes d'un pays.
L'électricité manque.
La sécurité reste fragile.
La corruption demeure préoccupante.
La justice peine à jouer pleinement son rôle.
Les jeunes cherchent à partir.
Les conflits communautaires continuent de tuer.
Et désormais, le nom du Tchad apparaît régulièrement dans les controverses régionales liées à la guerre du Soudan.
MS. Abdelsalam, analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel7, www.centrerecherche.com
Des milliers de Tchadiens ont quitté leur pays pour chercher ailleurs sécurité, emploi, formation ou simplement des conditions de vie meilleures. Les chiffres avancés sur l'ensemble de la diaspora tchadienne doivent cependant être maniés avec prudence, car il n'existe pas de recensement exhaustif permettant de confirmer précisément le chiffre de deux millions.
Mais une chose est certaine, le départ massif de jeunes, de cadres, d'étudiants et de travailleurs constitue une perte considérable de capital humain pour le Tchad.
Un État qui voit ses forces vives partir doit s'interroger. Plus de 4 500 morts : le prix humain de l'instabilité. Depuis 2021, le Tchad a également payé un lourd tribut humain.
Des compilations de données et de rapports disponibles font état d'environ 4 500 morts entre 2021 et 2025 dans différentes violences politiques, communautaires et sécuritaires. Ce chiffre doit être considéré comme une estimation et non comme un bilan officiel exhaustif, car les sources et les catégories utilisées ne sont pas toujours homogènes. Derrière les chiffres, il y a pourtant une réalité incontestable. Des familles endeuillées, des villages déplacés, des communautés traumatisées et une jeunesse qui voit régulièrement la violence remplacer la politique. La question fondamentale devient alors, combien de temps un pays peut-il continuer à payer le prix de l'instabilité sans que ses institutions ne finissent par se fissurer ?
Le problème n'est plus seulement celui du pouvoir, mais celui de l'État. Le débat tchadien ne devrait donc pas se limiter à savoir si telle accusation est vraie ou fausse. Il devrait être beaucoup plus profond. Quel est le projet du Tchad ? Quelle place le pays veut-il occuper dans la région ? Quel modèle d'État veut-on construire ? Pourquoi investir autant d'énergie dans les rapports de force régionaux alors que tant de problèmes demeurent sans solution à l'intérieur ? Et surtout quel avenir offre-t-on à la jeunesse tchadienne ?
Le pouvoir peut gagner des batailles diplomatiques, contrôler les médias nationaux, mobiliser ses réseaux sociaux et dénoncer ses adversaires. Mais aucune communication ne peut éternellement cacher les réalités quotidiennes d'un pays.
L'électricité manque.
La sécurité reste fragile.
La corruption demeure préoccupante.
La justice peine à jouer pleinement son rôle.
Les jeunes cherchent à partir.
Les conflits communautaires continuent de tuer.
Et désormais, le nom du Tchad apparaît régulièrement dans les controverses régionales liées à la guerre du Soudan.
MS. Abdelsalam, analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel7, www.centrerecherche.com

