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Sahel et pays côtiers d’Afrique de l’Ouest : l’échec du DDRR nourrit-il le retour de la violence ?

Mercredi 21 Octobre 2026

Sous-titre : Réintégration socio-professionnelle des ex-combattants, prévention de la récidive et limites des politiques de stabilisation.


Etude et analyse stratégiques

Par Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Expert en Gestion de conflits
Président du Centre d'études pour le développement et
la prévention de l'extrémsme (CEDPE)
yacoubahmat@gmail.com

Sahel7
www.centrerecherche.com

 
Résumé analytique (Abstract)
Les opérations militaires menées par les armées africaines, avec l’appui de partenaires internationaux, ont contribué à affaiblir des groupes armés extrémistes dans plusieurs zones du Sahel et du bassin du lac Tchad. Pourtant, la persistance des violences dans les foyers de conflit et l’extension de la menace vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest soulèvent une question fondamentale : les résultats militaires peuvent-ils être durables en l’absence de politiques efficaces de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de réconciliation (DDRR) ?
Cette étude examine l’hypothèse selon laquelle les insuffisances des programmes de DDRR, notamment en matière de réintégration socio-professionnelle, constituent un facteur majeur de la persistance et de la recrudescence des violences. Elle ne considère cependant pas ces insuffisances comme leur cause unique. Elle analyse également les responsabilités des États, les difficultés de coordination avec les partenaires internationaux, la marginalisation de la société civile, la faible mobilisation des structures de recherche et les retards dans l’implication des pays côtiers d’Afrique de l’Ouest face à une menace qui s’étend progressivement au-delà du Sahel.
L’analyse accorde une attention particulière au bassin du lac Tchad, notamment au Tchad, en s’appuyant sur les travaux réalisés par le CEDPE auprès des personnes désengagées et désassociées de Boko Haram. Sur un total annoncé de 7 000 personnes désengagées et désassociées présentes dans la province du Lac, au Tchad, la mission du CEDPE a profilé, en octobre 2019, 4 142 personnes et réalisé une étude statistique portant sur 2 544 d’entre elles. La base de données issue de cette mission constitue pour moi un point d’appui pour examiner les difficultés de réintégration, les attentes des bénéficiaires et les limites des dispositifs mis en œuvre.
Depuis 2021, l’Afrique de l’Ouest et le Sahel connaissent une recrudescence des conflits communautaires, souvent liés aux rivalités agro-pastorales, à la circulation incontrôlée des armes et à la faiblesse des institutions judiciaires. A cela s’ajoute la montée de l’extrémisme violent, qui fragilise la cohésion sociale et accentue les vulnérabilités locales.
 
L’objectif de cette étude est de contribuer à la réflexion des responsables politiques, des gouvernements, des organisations régionales, des Nations unies, des partenaires internationaux et des acteurs de la société civile, confrontés à une question centrale qui revient fréquemment dans nos échanges : pourquoi cette recrudescence des violences malgré les efforts consentis ?
A cette question centrale, je pose la question suivante : peut-on durablement gagner la guerre contre les conflits violents sans investir dans la paix qui doit lui succéder ?
 
Le deuxième objectif de cette étude est de proposer des pistes d’action que nous jugeons prioritaires afin de contribuer à réduire cette recrudescence des violences.


Cette étude sera disponible mi-novembre 2026. Toute contribution sera la bienvenue à l'adresse suivante: yacoubahmat0@gmail.com