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Conflit et prévention

Au Tchad, le silence reproché à la Médiature face au conflit de Miski interroge

Mardi 20 Octobre 2026

Il faut aussi reconnaître que l’origine des conflits au Tchad réside dans l’injustice institutionnalisée. Le jour où l’État acceptera d’instaurer la justice pour tous, il y aura peu de conflits armés.



Par Dr. Ahmat Yacoub Dabio
Expert en Gestion de conflits
Président du Centre d'études pour le développement et
la prévention de l'extrémsme (CEDPE)
yacoubahmat@gmail.com

Sahel7
www.centrerecherche.com


Le silence reproché à la Médiature face au conflit de Miski interroge, mais il faut en chercher la cause du côté de l’exécution des engagements de l’État. L’accord signé en avril 2025 sous son égide prévoyait une commission de suivi qui, selon des sources proches de la Primature et de la Médiature, n’a jamais été formellement installée. Sans volonté politique d’appliquer les accords, comme ceux de Doha avec leur programme DDR inachevé, ou la réinsertion des désengagés de Boko Haram, la médiation perd sa substance. Le Médiateur a déjà reconnu d’ailleurs que son institution manque de moyens.
Ancien conseiller du Médiateur, je peux affirmer, d’après mon expérience, que l’écart entre les crédits votés et ceux réellement mis à disposition freine l’action sur le terrain. Sans le soutien budgétaire de l'État et sans une volonté politique claire d’exécuter les accords conclus, le Médiateur n’a pas les leviers nécessaires pour assurer l’application durable des compromis, que ce soit à Doha, à Miski ou avec les désengagés de Boko Haram. Il faut aussi reconnaître que l’origine des conflits au Tchad réside dans l’injustice institutionnalisée. Le jour où l’État acceptera d’instaurer la justice pour tous, il y aura peu de conflits armés.