J’ai intégré un groupe international qui est convaincu que le progrès dans nos nations en Afrique viendra par une transformation nationale intentionnelle profonde.
Un frère soudanais racontait un jour une histoire qui l’avait profondément marqué. Il s’était rendu en Irlande pour passer un examen médical. Les frais s’élevaient à 309 livres sterling. N’ayant pas la monnaie exacte, il paya 310 livres. Une livre de plus. Une somme insignifiante, pourrait-on penser. Il passa son examen, retourna au Soudan et oublia probablement cet incident. Mais quelque temps plus tard, il reçut une lettre. À l’intérieur se trouvait un chèque d’une livre, accompagné de ce message :
« Les frais d’examen étaient de 309 livres, mais vous avez payé 310 livres. Voici donc la livre qui vous revient. Nous ne prenons pas plus que ce qui nous appartient légitimement. »
L’enveloppe, le timbre et toute la procédure avaient certainement coûté plus d’une livre. Mais la question n’était pas le montant. La question était l’intégrité.
Faire ce qui est juste, même lorsque cela coûte plus cher.
Faire ce qui est juste, même lorsque personne ne réclame rien.
Faire ce qui est juste, simplement parce que c’est juste.
Plus tard, ce même homme avait l’habitude d’acheter du chocolat dans une petite boutique tenue par une femme. Le chocolat coûtait habituellement 18 pence. Un jour, il remarqua que le même chocolat était affiché à deux prix : certains à 18 pence, d’autres à 20 pence. Il demanda à la commerçante pourquoi.
Elle lui expliqua que le prix du cacao avait augmenté. Le nouvel arrivage coûtait donc 20 pence, mais elle continuait de vendre l’ancien stock à 18 pence.
Il lui dit : « Mais les clients achèteront d’abord tout le stock à 18 pence avant de prendre celui à 20 pence. »
Elle répondit calmement : « Oui, je le sais. »
Pensant lui proposer une bonne stratégie commerciale, il ajouta :
« Pourquoi ne mélangez-vous pas les deux stocks pour tout vendre à 20 pence ? Personne ne verra la différence. »
La femme se pencha vers lui, baissa la voix et lui posa une seule question :
« Êtes-vous un voleur ? »
Il resta sans voix.
Il quitta la boutique, mais cette question continua de résonner dans son esprit :
Suis-je un voleur ? Cette histoire aussi triste soit elle, nous interpelle profondément.
Car nous pensons souvent qu’un voleur est uniquement celui qui braque une banque, arrache un sac ou entre par effraction dans une maison.
Prendre ce qui ne nous revient pas.
Gonfler une facture.
Falsifier un reçu.
Tricher sur une quantité ou une qualité.
Faire une livraison fictive
Faire une fausse déclaration
Utiliser un bien public à des fins personnelles.
Réclamer une commission cachée.
Faire payer plus cher parce que le client ne connaît pas le vrai prix.
Être payé pour un travail que nous n’avons pas réellement accompli.
Profiter d’une erreur en notre faveur et garder le silence.
L'intégrité n'est pas seulement une question de religion. On cesse d'y croire ,car l'Africain est profondément religieux et un fervent pratiquant . Prenez n'importe quel pays Africain , vous trouverez ,a quelque chose près, plus de mosquées, églises, synagogues , qu'il y'a des écoles et des dispensaires. Ces lieux de culte ( tous les 100 mètres) sont toujours bondés des femmes et hommes qui prient, dansent, chantent ,pleurent, etc . Malheureusement, aucune religion a réussi à dissuader ses adeptes du vol , viol, mensonge , traitrise, meurtre, etc.
Sommes-nous intègres seulement dans nos discours, ou également dans nos affaires, dans l’administration, dans nos entreprises, dans nos familles, dans nos Églises, dans nos mosquées, dans nos associations et dans la gestion du bien commun ?
L’intégrité ne se révèle pas seulement dans les grands discours. Elle se révèle dans les plus petites décisions.
Elle se révèle dans notre manière de gérer l’argent, le temps, les responsabilités et la confiance qui nous sont confiés. Où se trouve donc la limite de l'acceptable?
Alors, , posons-nous honnêtement cette question :
suis-je réellement intègre ? Ou, quelquefois, suis-je un voleur ?
La lutte contre la corruption est souvent présentée comme une responsabilité exclusive de l’État. Pourtant, l’expérience internationale montre qu’une gouvernance efficace repose sur un principe simple : l’intégrité doit être une valeur partagée à la fois par les institutions publiques et par les divers acteurs de la vie de la nation.
La crédibilité d’un dispositif d’intégrité dépend en effet de la certitude que les manquements seront punis sévèrement et sans exception aucune. Car la moindre exception, en matière de lutte contre la corruption devient la règle.
La lutte contre la corruption ne doit pas être perçue uniquement comme une exigence morale.
Il y'a nulle part au monde un exemple d'un pays où la morale des Hommes a résolu et éradiquer un mal aussi insidieux . Il faut donc la loi des Hommes:
Mettre en place des mécanismes réels de prévention, de dissuasion.
La lutte contre la corruption est un investissement dans l'image que projette le pays, la crédibilité de l’économie nationale et dans la qualité de la gouvernance publique.
La corruption est pire que la guerre . C'est une arme silencieuse de destruction massive. Elle ronge les institutions publiques, ruine la morale des génération à venir , décrédibilise l'Etat et l'expose aux aléas de l'insécurité.
Il n'y a et n'aura pas de sécurité dans un pays rongé par la corruption.
Zako
Chadian centre for strategic studies and prospective research Think Global and Act Smarter


